• Arielle

Vouloir réussir à tout prix

Du plus longtemps que je me souvienne, j'ai toujours souffert d'une grande anxiété de performance. Et ma plus grande peur s'est concrétisée il y a un an.


Fière, ne voulant pas déplaire, et surtout ne jamais faire d'erreurs, je m'en suis demandé toujours plus, non sans difficulté parce que l'anxiété me grugeait tous les jours. S'il fallait que quelqu'un me juge incompétente! Je me sentais hypersensible, même face à des commentaires constructifs. Le travail prenait toute la place dans ma tête. Des nuits à penser à mes clients, à ce que je pourrais faire de plus et de mieux pour eux. Me sentant au bout du rouleau, j'ai tranquillement commencé à considérer ma santé mentale au travail, à dire non un peu plus souvent, en acceptant de ne pas toujours être à mon 200%. Après tout, ma patronne disait se soucier de notre bien-être, et comprendre qu'on avait tous nos forces et nos limites.


Après plusieurs années de loyaux services et de reconnaissance de mes compétences, un bon matin, on me reproche d'éviter la confrontation dans des moments clés pour l'entreprise. On me parle de mes désistements. Morte de trouille, j'avais abdiqué à l'anxiété et décidé de me faire remplacer pour une conférence auprès de spécialistes. J'avais même trouvé une remplaçante que j'allais aider. De l'évitement, de la fuite, ou bien un acte de courage dans le but de respecter mes limites du moment, en lien avec ma santé mentale que je sentais très fragile ? C'est encore difficile pour moi de différencier tout ça. On a convenu que mon départ serait salutaire à la fois pour l'entreprise, mais aussi pour moi. Le choc! La colère. Et surtout, la honte. J'ai pleuré. J'ai fait des cauchemars, dont certains étaient violents. Devant continuer de gagner ma vie, l'égo en mille morceaux, j'ai choisi un emploi avec le moins de responsabilités possible, afin de libérer ma tête, de voir plus clair. J'ai accepté de me laisser du temps.


Je n'aurais jamais cru pouvoir parler de cette épreuve un jour. Un an et des montagnes russes plus tard, je suis surprise de m'entendre dire que ça m'a fait beaucoup de bien! J'ai retrouvé mes passe-temps préférés, et le sommeil! Avec du recul, j'ai réalisé que je ne partageais pas les valeurs de l'entreprise et que cela m'affectait. Tranquillement, j'entrevois même renouer avec mon domaine d'études et travailler de nouveau en suivant ma passion. Je sais que ce sera un grand défi pour moi. Mes peurs sont encore là, mais j'apprends de plus en plus à vivre avec elles, en essayant le plus possible de ne pas les laisser dicter mes choix. Mais dans tout ça, j'ai pris conscience que l'une de mes plus grandes forces dans la vie, c'est la résilience. Je veux apprendre à me faire confiance...pour vrai.


Arielle

168 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout