• Sana

Vivre avec le trauma pis la peur

Quand t’as pas eu le choix de recommencer à te sentir

Parce qu’on te dit que c’est ce que tu dois faire pour t’en sortir

Pis qu’à quelque part, toi t’es tellement prise dans les tumultes de ton esprit

Que tu prends toute l’aide qu’on veut bien t’accorder


Tu fais quoi quand ressentir est source de panique

T’es terrifiée à l’idée d’aimer pour vrai

Terrifiée à l’idée d’être abandonnée

Terrifiée à l’idée d’être à nouveau seule

Terrifiée à l’idée d’être malade

Terrifiée à l’idée de voir du sang

Terrifiée à l’idée qu’il arrive quelque chose

La liste continue immanquablement, invariablement…


T’es constamment terrifiée, pis tu commences à prendre conscience de tes autres émotions. Tu commences à réaliser l’ampleur de la souffrance que t’enterres depuis que t’existes. Dès que tu t’arrêtes deux secondes, ça te fait tellement mal. Tu réalises tout ce que tu n’avais pas vu, tout ce que tu as manqué. Tu réalises les injustices qui ont été endurées sans un mot jusqu’alors.


Tu te rends compte que tu n’as jamais passé de temps à te connaître. Du haut de ta mi-vingtaine, tu ne sais pas quel est ton auteur favori. Tu ne sais pas quelle est ta plus grande qualité, tu restes sans bruit lorsqu’on te demande ce que tu apportes de beau au monde.


T’as passé ta vie à te soucier des autres pour survivre, pour te protéger. Parce que c’est tout ce que tu connais. Gérer, préparer, écouter, care about, trouver des solutions… Tout pour t’assurer que plus personne ne te laisse de côté.


Une soirée de 2019, alors que t’essayais une énième fois de te soucier over the top de quelqu’un, t’as eu peur. T’as eu peur une fois de trop. Faque ton esprit a décidé que c’était assez pis a tout calissé à terre pour t’obliger à regarder dans le blanc des yeux tes bobos. Ton esprit a pas eu le choix de te détruire, parce que t’as rien voulu entendre de ses autres messages.


Pis depuis ce temps, tu patines. Pis t’es tellement en colère à l’intérieur. Enragée noir. Parce que c’est pas juste, parce que ça fait si mal. Parce que t’as juste pu aucun autre choix que de prendre le temps et d’apprendre à ressentir tes émotions ainsi que tes traumas, un.à.la.fois.


Tes vieux trucs pour ne plus ressentir ne marchent plus ; tu es parfois dissociée quand c’est trop, mais sinon, tu ressens tout. À frette, comme on dit. T’essaies tellement de résister, tu te garoches de tout bord tout côté pour que ce soit moins intense. Tu veux juste retrouver ton bon vieux pilote automatique, mais tu ne pourras plus jamais ; ton seul choix, c’est d’avancer, de guérir.


Ta résistance, elle est malsaine. Binge eating, restriction alimentaire, alcool, sexe, rencontres, déni de tes responsabilités, name it. Mais souffrir, c’est tout ce que tu connais. T’étourdir, oublier, c’est tout ce que tu connais pour passer au travers.


Sais-tu ce que j’aimerais te dire?


Laisse-toi une chance. Dis-toi à toi tout ce que tu dirais à quelqu’un que tu aimes. Je sais qu’en ce moment, t’es probablement pas la personne que t’aimes le plus. Je sais que tu ne sais pas ce que sera ta vie, si tu te rétabliras un jour et à quoi il ressemblera, ce rétablissement. C’est correct de ressentir tout ça. T’es en sécurité maintenant, t’es bien entouré(e). Je sais que c’est effrayant, mais ce le sera pas toujours.


‘’Mais vous savez, on peut trouver le bonheur ; même dans les moments les plus sombres… Il suffit de se souvenir d’allumer la lumière’’

Albus Dumbledore


Rappelle-toi qu’il y a toujours de la lumière quelque part.


Sana

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