• Victor

Une vie sans prendre de décisions

En tant qu’individu vivant avec le Trouble de la personnalité limite, j’ai toujours l’impression de remettre en question mes décisions. Un de mes plus grands défauts est de trop souvent rester passif, ne sachant pas trop quoi faire, quelle décision prendre. Puis, lorsque j’en prends une, je me demande si j’ai pris la bonne et ce qu’aurait été ma vie si j’avais, en contrepartie, choisi l’autre option. Ça me hante, même.


En lien avec tout ça, comme le sport est ma grande passion, j’y réfléchissais l’autre jour et je crois que j’aurais été le candidat idéal pour être un sportif professionnel. Quand on prend deux secondes pour y penser, ces gens-là, qu’ils soient des athlètes olympiques ou encore professionnels, ne prennent que quelques décisions à peine dans leurs quotidiens. À titre d’exemple, ils ont un plan nutritionnel préétabli, des entraîneurs et des spécialistes de la santé qui leur disent comment s’entraîner, on leur fait un horaire et planifie un calendrier avec les séances d’entraînement, les pratiques, les compétitions, etc. Ça va même jusqu’aux vêtements aux couleurs de l’équipe! Ce qui est important à retenir est que rien n’est laissé au hasard et tout est rodé au quart de tour. Les athlètes vivent dans des environnements contrôlés et encadrés.


De plus, ils sont chanceux, jeunes ils savent déjà ce qu’ils veulent faire plus tard dans la vie!


Pour en avoir déjà discuté avec des personnes dont c’est la situation, elles me l’ont confirmé: c’est réellement comme ça que ça fonctionne.



Dans le but de faciliter la vie et éliminer les stress

C’est quand même incroyable de penser que tu ne te casses pas la tête et que tout est décidé par d’autres autour de toi, dans l’optique d’éviter les distractions et de se concentrer uniquement sur la raison pour laquelle on sollicite ta présence. Je ne pense pas que Sidney Crosby prenne ses rendez-vous chez le dentiste, vous comprenez? Les éléments de stress sont radiés et éradiqués de ta vie au maximum. Je pense que j’aurais aimé cela. Ça m’aurait évité de trop réfléchir, de suranalyser mes moindres gestes et de prendre des décisions impulsives à d’autres moments. Combien de fois on entend les joueurs de hockey dire en entrevue: Je me concentre uniquement sur ce que j’ai à faire! Ça résume tellement bien.


Certes, évidemment, je sais que ces athlètes ont leurs propres problèmes, notamment celui de la pression sur leurs épaules qui est énorme. Ils sont dans l’obligation d’obtenir des résultats et de performer (la raison pour laquelle on les encadre autant). Mais bon, même si le commun des mortels n’est pas un athlète professionnel, reste que de la pression en générale, on en vit tous. À moindre mesure, certes, mais quand même! Au travail, si les résultats ne sont pas là, je me ferai congédier, idem pour vous, chers lecteurs! J’ai des évaluations, des résultats et objectifs quantifiables à obtenir et démontrer.


Sans compter l’argent, qui est une source de stress pour la plupart des gens, moi le premier. Je pense que c’est moins stressant de se demander quoi faire de son argent, plutôt que quoi faire pour en avoir et ne pas en manquer. Cela reste quand même un autre débat, j'en suis conscient.


Dans les faits, quand on regarde ça froidement, je pense que ce qui me plait dans ce scénario, ce n’est pas tant de ne pas prendre de décisions, mais de savoir que je suis réellement sur mon X et que je pourrais mettre mes énergies aux endroits où je suis bon et que j'aime, en évitant tout ce qui est chiant autour. Ce sont des vies non-ordinaires que mènent les athlètes et, en tant que TPL, je sais que je suis voué à une vie non-ordinaire aussi, mais pourtant.


Victor


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