• denaultc

Une histoire de résilience (partie 2)


*Pour consulter la partie 1, cliquez ici


À l’adolescence, c’est la période où on se cherche et où ça prend du temps à se trouver. On se demande qui on est, ce qu’on fera de notre vie et pourquoi on est comme on est. On se compare avec les autres de notre âge et on se demande si on est assez bon, assez beau et si on est seulement assez. Toutes ces questions sont normales à ce moment de vie, mais elles sont tellement difficiles à répondre quand en plus on se fait intimider. Laissez-moi vous raconter les péripéties de ma si belle adolescence.


L’école, vous vous souvenez, était mon refuge étant enfant. Et bien, là, c’était une toute autre chose. Je subissais de l’intimidation de la part de jeunes de mon âge. J’étais très timide à l’époque et je ne savais pas quoi répondre à leurs blagues de mauvais goût et à leurs insultes. Je regardais ailleurs et j’attendais que ça finisse. Un groupe de filles me suivait entre chaque cours pour me dire des méchancetés. Une d’entre elles m’a une fois bousculée dans les escaliers pour que je tombe. Une autre fois, une des filles m’a suivie jusqu’à mon casier et m’a poussée à l’intérieur. À ce moment, j’ai vu rouge et je me suis retournée pour lui faire face. Nous nous sommes bagarrées. J’étais tellement en colère et sous l’adrénaline que j’ai eu un trou noir. Je suis revenue à moi en pleurant et je suis partie chez moi. Mon amie est allée aux toilettes et a entendu la fille qui venait de se battre avec moi dire qu’elle allait m’attendre avec un couteau le lendemain.


Mon amie m’a dit ce qui s’était passé la veille et je suis allée voir la directrice par recommandation d’une amie plus vieille. J’ai tout raconté ce que je vivais et la directrice a fait venir ces filles à son bureau pour avoir des explications et pour qu’elles s’excusent de leurs gestes. À partir de ce moment-là, plus jamais ces filles ne m’ont fait quoi que ce soit. Cela n’a pas empêché les autres intimidateurs de continuer.


Tous ces événements accumulés pesaient lourds sur mon estime personnelle. Je ne m’aimais pas et je me disais que jamais personne allait m’aimer ou même me trouver belle. C’est alors qu’un soir après l’école, j’étais seule à la maison et des idées noires me trottaient dans la tête. J’avais beaucoup de difficulté à les éliminer de ma conscience. Je n’en pouvais plus de vivre ce calvaire. Je suis allée dans la salle de bains et j’ai ouvert la pharmacie à la recherche de quelque chose de coupant. J’ai trouvé des lames de rasoir. En prenant cet objet dans mes mains, je me suis mise à trembler… Est-ce que j’étais vraiment prête à faire ça ?


J’ai laissé tomber la lame et j’ai tout de suite pensé à une personne : mon père. Je ne pouvais pas lui faire ça; pas à celui qui m’a tout donné. Je n’ai pas pensé à moi. Moi, je ne suis pas importante. Mon père; oui. Je suis sortie de la salle de bains, j’ai été dans ma chambre et j’ai mis de la musique que j’aime. J’ai pleuré un bon coup et je me suis dit que tout allait peut-être s’arranger un jour.



Quelque chose de magique est arrivé en secondaire 3. C’est un groupe de jeunes de l’école: ils s’occupaient de faire toutes sortes d’activités pour l’école. Un jour, ils distribuaient des dépliants sur l’intimidation. À l’intérieur, ça disait, entre autres, de parler de ce que nous vivons, de ne pas garder ça pour nous et qu’ils étaient là pour écouter au besoin. Je me suis dit que c’était ma chance de parler de mon quotidien à quelqu’un qui allait comprendre et sûrement m’aider.


Ce groupe m’a été d’une grande aide pour affronter mes intimidateurs. Je suis devenue membre de leur groupe afin de pouvoir transmettre mes connaissances à d’autres élèves. Ils m’ont tellement aidée à me dégêner que j’ai même fait des cours de danse en parascolaire et j’ai choisi de faire de l’art dramatique.



La fameuse expression : « Rien n’arrive pour rien », prend tout son sens ici. Si je n’avais pas vécu d’intimidation, je n’aurais peut-être jamais vécu toutes ces fabuleuses expériences de vie. Un jour à la fois et tout va bien aller !


Cassandra







*À noter que nous tentons doucement d'intégrer l'écriture inclusive dans tous nos textes. Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à consulter l'Office québécois de la langue française.

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