• denaultc

Une histoire de résilience (partie 1)


L’enfance est une période critique dans le développement de plusieurs sphères dont celle des relations sociales. Je peux vous dire que, pour ma part, cela a été tout un apprentissage. J’ai appris à rester discrète très tôt dans l’enfance. Mes parents ne s’entendaient pas et cela a eu des répercussions sur moi, car j’ai été témoin de plusieurs gestes de violence régulièrement, si ce n’est pas quotidiennement. Heureusement, la violence n’était pas dirigée vers moi et ma sœur, mais c’était tout de même traumatisant pour les petites filles fragiles que nous étions.


Cette période de ma vie a été marquante, car je me souviens à quel point je me sentais triste, désemparée et abandonnée à moi-même. Mes parents se sont finalement séparés. Enfin ! Ma joie a été rapidement écartée quand on a été entraîné dans le tourbillon du tribunal et de la garde partagée qui changeait tout le temps. Je me sentais étourdie et bien nulle part sauf à l’école. Cet endroit était mon refuge, car je me sentais en sécurité. Je redoutais la fin de la journée ne sachant pas ce qui allait m’attendre.


Ma mère, après la séparation, est tombée en dépression et avait de la difficulté à subvenir à nos besoins. Le retour à la maison était donc synonyme de moments sombres et de préparation de souper avec ma sœur. À cet âge, on ne comprenait pas pourquoi ma mère agissait ainsi, mais maintenant oui. J’avais si hâte d’aller me coucher pour enfin retourner à l’école le lendemain.


La semaine avec mon père n’était pas mieux malheureusement. Il avait réussi à trouver un minuscule appartement dans un sous-sol humide. Celui-ci était rempli de bestioles indésirables et pour couronner le tout, ma sœur et moi devions dormir sur un matelas gonflable. Je me souviens aussi que mon père avait de la difficulté à faire une épicerie pour tout le monde par manque d’argent, alors il nous faisait manger en premier et lui mangeait ce qu’il restait. En y repensant aujourd’hui, j’ai de la peine pour mon père et je comprends tous les sacrifices qu’il a fait.


En revenant à l’école, j’avais toujours l’accueil chaleureux de mon enseignante de quatrième année. Elle prenait le temps de me demander comment j’allais et m’offrait une oreille attentive quand elle sentait que ça allait plus ou moins. Je voyais qu’elle faisait aussi la même chose avec mes camarades. Sa façon de faire me réchauffait le cœur instantanément. J’ai su, des années plus tard, qu’elle avait inscrite notre famille à différentes fondations afin que l’on reçoive un panier de Noël, des billets pour un spectacle, etc. Cette personne a complètement changé ma vie. Elle m’a donné le goût d’être comme elle. Et, vous savez quoi ? Je suis maintenant enseignante et je fais de mon mieux à chaque jour pour donner le goût à la vie à mes petits cocos.


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Mon parcours n’a pas été facile, loin de là ! J’ai dû puiser en moi la force de continuer et je me suis accrochée à mon rêve et je ne l’ai pas lâché. Il faut garder espoir et s’efforcer de croire que tout peut arriver !


Cassandra







*À noter que nous tentons doucement d'intégrer l'écriture inclusive dans tous nos textes. Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à consulter l'Office québécois de la langue française.



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