• France P.

Une crise, la mienne cette fois.

Mis à jour : sept. 5

Jeudi 23h30. Je me sens mal. Toute la journée, j’ai été incapable de me concentrer sur rien. Même ma fidèle amie la musique n’a rien pu m’apporter. Je courrais partout dans le bureau en riant sans aucune raison. J’ai réussi à faire ma journée avec beaucoup de mal, mais c’est fait, je suis chez moi. Je suis dans mon lit… et je tremble. Je me sens prise dans mon corps. Je me sens prise dans ma tête. J’entend le bruit de ma clim et je me sens agressée. Je me sens attaquée car le bruit vient de partout autour et me rentre dans la tête encore et encore. Je sens le son attaquer ma tête et pousser dans moi avec une force inouïe.


On avance de 5 minutes. La clim est éteinte. Seul le bruit doux du ventilateur roule. Mais je me sens encore attaquée par des bruits. Des sons me balancent des raclements autour de moi. Je me sens comme si mon corps voulait sortir par mes extrémités à force de me faire trembler. Je sens mon corps pris d’un courant électrique qui n’arrête pas. J’ai de plus en plus de misère à respirer. Je me sens paniquer. Faite que ça arrête! Je ne veux plus entendre de bruit! Je ne veux plus trembler. Je veux dormir! S’il vous plait, faite que je puisse arrêter d’entendre cette voix fatiguante et obsessive qui me dit sans arrêt que c’est normal, de me laisser faire.

Comment je me sens quand mon corps est parcourue d’électricité.

Spot sur moi qui repousse mon oreiller en paniquant et suppliant à petite voix. Spot sur ma blonde qui enlève sa CPAP pour me prendre dans ces bras et m’enlever les mains du visage (j’essaie de m’arracher les poils de sourcils ou je les gratte au sang en crise) en me chuchotant que tout va bien. Qu'elle est là et que je n’ai qu'à écouter sa voix.


NON! Pas une autre voix! Non s’il vous plait! Arrêter! J’ai trop de bruit dans ma tête. Je ne veux plus rien entendre. S’il vous plait! Laissez-moi! Laissez-moi dormir! Je dois travailler demain matin. Et embarque la panique. La panique de devoir appeler pour dire que je ne peux pas rentrer. Car c’est officiel maintenant que je vais devoir dormir ma journée au complet pour être seulement potentiellement capable de m’occuper des enfants en soirée.


Puis arrive les larmes. Merci! Merci peu importe qui! Les voix se sont tuent! Reste juste à calmer mes tremblements et ma panique. Reste juste à calmer mon mal de vivre. Le visage dans mon téléphone à me demander si j’appelle ou non un centre de crise. Je me sens mal à ce point-là. J’ai peur que ça recommence. Ma femme me demande pour la 8ème fois si je veux aller à l’hôpital. Pour faire quoi? Pleurer et hurler de peur dans mon pyjama trop grand et tout sale? Me faire mettre sur une chaise dans la salle d’attente, car j’ai l’air en santé? J’ai peur de l’hôpital lorsque je suis en crise. J’ai peur de me sentir jugée, me sentir incomprise. J’ai peur de ne pas en sortir. Je me sens assez folle comme ça. Pas besoin d’en rajouter une couche.


Il est maintenant 1h30 du matin. Je suis dans le lit couverte de sueur, car la panique est a moitié partie. Je dors, mais je cauchemarde toute la nuit que je perds mon emploi, car je vais devoir caller off. Je cauchemarde sur mon futur déménagement. Je tremble devant l’idée de devoir penser à comment je vais m’occuper des enfants… puis je tombe dans un trou noir. Je me réveille en crise d’asthme juste à temps pour texter mon patron et je repars pour un bon 4 heures de trou noir. J’ai passé ma journée de vendredi à faire du on-off sur le sommeil. Je me levais quelque minute pour boire et me mettre quelque chose dans l’estomac … et je repartais.


Dieux merci, c’est passé! On est maintenant samedi. Je suis allée au parc avec mes enfants. J’ai réussi à faire le souper toute seule. J’ai réussi à écrire ce texte. Maintenant, je me dirige vers mon pot de Hagen-Daz et un peu de jeux pour me changer les idées de ma semaine un peu bouetteuse.


Bonne semaine tout le monde.


Miss F.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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