• P.

Un vent de changement

Mis à jour : sept. 4

J'ai donné ma démission.


Je n'étais plus heureuse à cet endroit. J'ai essayé de mon mieux, mais les élèves m'ont poussé à bout. Je passais mon temps à crier contre les élèves ; ceux-ci me répondaient en m'insultant ou en me narguant. J'ai essayé de ne pas les laisser m'atteindre, mais ça n'a pas fonctionné. Je m'en suis rendue malade, j'ai passé des heures à pleurer. Ce n'est pas moi, faire de la discipline. J'ai accepté que c'était correct de partir. J'ai fait mon deuil de ce que je croyais être mon métier pour les prochaines années ; je me sens enfin soulagée de partir.


Je ne sais toujours pas où je vais, mais je ne m'en inquiète pas. Il y a beaucoup de demande dans mon domaine. Or, les mêmes questions me tourmentent.


Qu'est-ce que je veux?


Je veux un emploi où je me sens acceptée et où je n'aurai plus à faire 3h de transport en commun par jour. Je ne veux plus cacher mes piercings, mes tattoos, ma couleur flamboyante. Je ne veux plus être restreinte à la pâle imitation de moi-même.


Je veux aller à l'université poursuivre ma passion de la littérature. J'ai encore envie de tripper, de lire, d'analyser, d'être enivrée par la poésie. J'ai envie de recommencer à écrire, à flâner, à admirer et être inspirée. J'ai envie de continuer à me faire tatouer pour me transformer en oeuvre d'art. J'ai envie d'écrire de la poésie sur les murs de salle de bain public. Je veux crier, respirer, courir.


Qui suis-je?


J'ai donné la moitié de ma garde-robe à un organisme de charité. Mes vêtements étaient trop petits, trop larges, inconfortables, troués. Je me suis tannée. J'ai mis une tonne de vêtements, de souliers, de sacs dans un gros sac poubelle noir, et une autre tonne de vêtements directement dans les poubelles, parce qu'il n'y avait plus rien à faire avec eux. Plus tard, je suis allée magasiner. J'errais dans les rayons du Simons en me demandant qui j'étais, ce que j'étais. Tout ce que je prenais ne me ressemblait pas, mais je ne pouvais pas retourner à mon look expérimental d'autrefois. Qu'est-ce que je faisais?


Mon magasinage s'est échelonné sur quelques séances. Pour la première fois, j'ai acheté des vêtements qui me faisait sans me soucier du prix. J'ai trouvé un compromis entre ce que j'étais et ce que je suis devenue. Je suis contente du résultat final.


Ces changements me soulagent et me rendent nerveuse. Je prends plusieurs grosses décisions qui sont, au final, pour mon bien. Au moment où j'écris cet article, c'est la veille de mon anniversaire. Demain, j'aurai 25 ans. Je crois qu'une porte de nouvelles opportunités s'ouvre à moi.





P.






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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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