• Arielle

Tu es ma psy, répare-moi!

J'ai commencé à consulter une psychologue au début de ma trentaine. Sans le réaliser, mes attentes (ou même, exigences!) étaient élevées. Je croyais qu'une thérapie allait régler une fois pour toutes mes souffrances. Dès que j'avais mal, je voulais un rendez-vous. Mais j'étais très souvent déçue. Non seulement je souffrais encore, mais ça empirait parfois. Je songeais à changer de psychologue, mais je ne voulais pas tout recommencer, tout raconter de nouveau. Et je voulais des diagnostics. Je voulais tout comprendre. Le pourquoi du pourquoi, c'était ainsi. Mais bien souvent, les réponses n'étaient pas aussi claires que je ne l'aurais voulu.


Un jour, ma psychologue m'a confrontée, et ça a été très dur pour moi, pour mon égo. En réalité, je ne m'engageais pas dans ma guérison, dans des changements concrets, dans la découverte de mes valeurs. Parce que non, je ne connaissais pas mes valeurs, et je croyais encore moins en MA valeur! Je lui en ai voulu, je l'ai détestée. J'ai eu envie de ne plus lui parler, de ne plus la voir. Qui était-elle pour me juger ? J'avais mal et même, j'avais honte!


Après réflexion, j'ai accepté ma part de responsabilité. J'ai réalisé que même si je savais quels changements me seraient bénéfiques, je m'étourdissais de plusieurs façons, je fuyais la réalité. En tant que performante perfectionniste, je me suis mise à prendre des notes, beaucoup de notes, me nourrissant de réflexions constructives et bienveillantes. Je relisais mon carnet souvent. Même sur un napperon au restaurant devant un souper arrosé avec une amie, je prenais encore des notes et je rapportais des bouts de papier froissé à la maison! J'ai ensuite appris à agir pour guérir, quand c'était le temps. À prendre des décisions difficiles. À ne plus tolérer l'intolérable pour moi! Apprendre à bien me traiter même si je ne m'aimais pas encore tout à fait. Ouff, ça c'est tellement difficile! Tout ça demeure encore aujourd'hui un défi.


Presque 10 ans après le début de mon cheminement, je relis parfois mon premier carnet, juste pour réaliser que je suis complètement ailleurs! Et je continue à écrire et à me relire. Ça me motive ! Et j'essaie de ne pas trop me mettre de pression. Parfois je me force même à me laisser tranquille, à lâcher prise, accepter que ce ne sera probablement jamais parfait! Je revois encore ma psy au besoin. Lorsque quelques mois s'écoulent entre deux rencontres, je me surprends même à avoir envie de lui donner des nouvelles, de jaser avec elle ! Peut-être pour répondre à un besoin d'approbation... mais ça c'est une autre histoire!


Arielle

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