• Julie

Trop saine d'esprit pour recevoir des soins

L'an dernier, en novembre, j'ai fait une demande à mon CLSC pour recevoir les services d'un(e) psychologue. Au mois de février suivant, j'ai reçu une évaluation du CLSC par une infirmière du service psychosocial. Durant cet entretien, et à plusieurs autres moments durant mes démarches pour obtenir de l'aide en santé mentale voici ce qu'on m'a répondu : vous articulez bien vos problèmes, vos besoins, vous semblez lucide. Vous n'êtes pas un cas assez grave pour l'instant. Après avoir insisté et insisté auprès de l'infirmière du CLSC, qui ne me proposait pas non plus d'autres alternatives (que de chercher moi-même sur internet), j'avais un rendez-vous avec la psychologue qui m'avait traitée 2 ans auparavant.


Il y a 2 mois, ma psy me dit que les sessions devront s'achever malgré que j'aie le sentiment d'en avoir encore de besoin. Pourquoi? Plusieurs raisons : un besoin criant, une liste d'attente qui doit s'écourter et donc une pression des supérieurs, une progression de mon état et surtout je ne suis plus un cas grave...


Cette semaine je lis dans La Tribune un article racontant comment les chiffres des listes d'attente sont trafiqués pour donner l'impression que ça progresse. Je ne suis pas vraiment étonnée, mais tellement déçue. Avant ma dernière session, ma psy me disait n'avoir jamais vu la couleur de l'argent promise par le gouvernement.


J'ai dû mettre un plan d'action en place avec ma psy : et si dans 1 mois j'ai besoin d'aide? Et si mon état s'aggrave? Est-ce que je vais me croire plus forte que je le suis vraiment et attendre trop longtemps?


J'ai compris avec mon diagnostic de TPOC que j'ai besoin qu'un plan d'action soit en place pour apaiser mon anxiété. Je le vois comme l'image ici, pour chaque problème grave possible, je dois avoir une solution éventuelle.



Ma première peur était, et si je me retrouve encore dans l'engrenage du système de santé, est-ce que je vais encore me faire dire : "Mme, vous êtes trop saine d'esprit pour recevoir des soins."? Surtout en sachant que je devrais me battre encore plus cette fois-ci pour recevoir des soins...


J'ai discuté de mon plan établi avec ma psy avec mon conjoint, de la possibilité d'aller au privé aussi, si besoin se faisait sentir. Nous avons établi une routine de s'asseoir ensemble, pour que je puisse seulement me vider le coeur. Un peu comme avec ma psy. Il ne peut pas me prodiguer les conseils qu'elle pouvait le faire, mais j'ai un "safe space", pour moi. Mon chum a compris qu'il n'est pas là pour me trouver une solution, mais pour m'écouter, pour m'écouter ventiler.


Pour l'instant, le plan, c'est ça. Demain, on verra.


Julie.

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