• La fougueuse

Tourner un obstacle en opportunité

Mis à jour : 14 août 2019


Comme je suis une personne très visuelle, j'ai pensé commencé ce premier article avec cette photo, endroit très paisible au Québec, mais une image très évocatrice de mon parcours. D'abord il y le lac, si tranquille à la surface par beau temps, mais si tempétueux et agité par temps orageux. Ensuite, ce lac duquel on ne peut apercevoir son extrémité, sa finalité. Ces deux images fortes représentent bien la santé mentale dans ma vie: imprévisible et chaotique par moments, calme et latente par d'autres, mais surtout cette peur omniprésente qu'elle m'aspire, qu'elle prenne le contrôle sur tout, que jamais je puisse en voir la fin.


Il y avait de cela un moment déjà que je réfléchissais à la façon dont je pourrais tirer profit de mon parcours avec la santé mentale pour ainsi le partager et en faire bénéficier d'autres. Voilà que cette opportunité de collaborer à ce blogue s'est tout bonnement présentée. Comme je suis quelqu'un d'action, plusieurs diront impulsive (nous le verrons plus tard), je ne pouvais évidemment pas regarder le train passer sans embarquer. Alors voilà, me voici ici, sans prétention, non sans crainte de ce nouveau défi, mais avec l'idée que cette démarche me sera bénéfique à quelque part dans ce parcours. J'en suis à ce point tournant dans ma vie où j'en ai assez de me cacher (bon j'utilise un pseudo, mais quand même, un pas à la fois), de prétendre, d'être quelqu'un que les autres s'attendent de moi que je sois. Je ne vous apprends rien quand je vous dis que la santé mentale c'est encore très tabou de nos jours et que je me suis longtemps cachée derrière mon diagnostic, derrière cette image que les autres se faisaient de moi.


Alors voilà, j'ai 27 ans, passionnée par la vie, impulsive, spontanée, perfectionniste (très, très, vous comprendrez plus tard pourquoi j'y mets l'emphase ici), entêtée, curieuse, mais aussi anxieuse, souvent trop portée sur les règles, l'éthique, la morale (bref, le contrôle), la productivité et le souci presque extrême du détail. Pendant des années (et encore aujourd'hui), j'ai souffert en silence de ce côté intense et fougueux de ma personnalité. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai vécu avec l'anxiété comme marchant à mes côtés et avec cette obsession de la perfection et de la productivité. Sans grande surprise, j'ai été diagnostiquée avec un trouble d'anxiété généralisée (TAG) il y a de cela près de quatre ans déjà. J'étais vraiment dans une période très creuse de ma vie suite à divers événements traumatisants qui étaient survenus à l'époque. La route de la guérison qui s'entamait alors se voyait être beaucoup plus longue que ce que j'entrevoyais.


Dans ma tête, un doute subsistait encore toujours qu'il y a avait plus. Malgré la médication, la thérapie, je sentais malgré tout que quelque chose n'allait toujours pas, comme quelque chose de manquant. Vous savez, cette impression qu'il vous manque un morceau, une pièce manquante au casse-tête. Je pense qu'au fond j'ai longtemps eu peur de finalement trouver cette pièce manquante: la peur d'un nouvel étiquette, d'un nouveau chapeau à porter, d'un défi trop grand à surmonter.


Voilà à peine quelques semaines déjà, après plusieurs mois d'attente, j'ai enfin pu rencontrer une psychiatre (une deuxième en fait, la première ayant laissé des doutes, des questions sans réponses claires, n'ayant pas su allumer ma lanterne suffisamment) et voilà que le second diagnostic est tombé: trouble de la personnalité obsessionnelle-compulsive (TPOC). Malgré les doutes d'un trouble de personnalité de ma part et de celle de ma psychologue, à laquelle la première psychiatre avait émise encore des bémols l'an dernier, c'était un gros étiquette à endosser pour moi. Premièrement, je n'avais aucune idée de ce qu'était ce diagnostic et deuxièmement pour moi un trouble de personnalité était un mot tellement fort et puissant, trop puissant pour que cela doive faire partie de ma vie (obsession de contrôle ici vous comprenez, impossible que je sois imparfaite vous voyez). Et voilà que mon côté obsessif s'est mis en quête de témoignages et d'informations à ce sujet,à la recherche de validation sur le diagnostic de la psychiatre, et ce malgré que son diagnostic semblait très clair et lucide à prime abord. Mes doutes ont été rapidement dissipés et plusieurs réponses ont été trouvées, mais la majorité dans des textes et témoignages en anglais, ce qui serait difficile de partager avec mes proches. J'espère que ce blogue pourra aider en ce sens.


Si vous voulez en savoir plus, dans mon prochain article, je tenterai de démystifier le trouble de personnalité obsessionnelle-compulsive (TPOC) du trouble obsessionnel compulsif (TOC) qui semblent très souvent confondus. Le tout bien sûr sans prétention et basé sur mon vécu personnel sur la question.


La fougueuse.

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