• Andréa

Tolérance zéro



Jeudi dernier, j'ai perdu les pédales sous l'effet de l'alcool. Ce n'était pas la première fois, mais j'ai décidé que ce serait la dernière. J'ai décidé que je n'utiliserais plus l'alcool pour « m'auto-médicamenter » ou comme pansement à mes blessures. J'ai décidé que j'affronterais mes démons en face au lieu de consommer pour oublier. Ça me détruit plus que ça me fait du bien au final. Cela étant dit, je crois que les problèmes de consommation sont bien plus fréquents qu'on le pense puisqu'ils se développent souvent en parallèle aux maladies mentales. Mais ce n'est pas une solution, car l'alcool ou toutes autres drogues ne nous aidera jamais à passer à travers une phase dépressive, souffrante, ou anxiogène. Consommer cachera la plaie, mais ça ne lui permettra pas de guérir.

J'ai commencé à consommer lorsque la détresse était devenue trop grande. Je me suis sentie noyée et abandonnée. Je n'avais pas de proches pour m'épauler, aucune famille sur qui compter. Je n'ai pas eu les services dont j'avais besoin. On m'a un peu laissée seule dans le néant. Je continuais de sombrer sans aide et sans moyens pour faire face à mes crises suicidaires, mes envies impulsives et mes désirs d'automutilation. Les voix criaient dans ma tête, je me couchais sur le sol en pleurs et je hurlais avec ma tête dans mes mains et mes jambes recroquevillées.

C'est là que j'ai frappé un mur et que je n'ai pas su comment gérer la crise. Je croyais que boire ou fumer du cannabis me ferait oublier le chaos qui se passe dans ma tête, la douleur qui gruge mon coeur, mais ça ne l'a fait que s'amplifier. Sur le coup, je me suis sentie légère et, après, je me suis sentie lourde et sans vie.


L'alcool est un couteau à double tranchant. Ça soulage au début et, après, il y a la chute.

Je crois que je ne t'apprends rien en te disant que les antidépresseurs ne font pas bon ménage avec l'alcool. Mais ce n'est pas aujourd'hui que je te ferai un cours de chimie. Et je ne te ferai pas la morale, je te mets seulement en garde contre une erreur que j'ai faite et que j'aimerais que tu ne répètes pas. Je n'ai pas écouté les médecins et pharmaciens lorsqu'ils m'ont mise en garde contre la consommation. Je ne les ai pas écoutés même lorsque je me suis faite hospitaliser, car je me mettais volontairement en danger avec la consommation d'alcool. J'ai recommencé peu de temps après en me disant que « ce n'était pas si grave que ça ».


Jeudi dernier, j'ai commencé à boire et je n'ai pas su m'arrêter.

Quatre verres de vin, un cocktail aux fraises, un shooter, quatre autres shooters et encore du vin.

Puis j'ai complètement dérapé. J'ai perdu le contrôle comme si quelqu'un s'était emparé de moi. Je me suis transformée en monstre et j'ai redécouvert des parties de moi que je n'aime pas. Des parties de moi qui ressortent lorsque je consomme, des parties de moi que j'aurais préféré qui n'existent pas.


Je me suis mise à pleurer et trembler. Je répétais que je voulais mourir puisqu'il y avait cette voix dans ma tête qui me disait sans cesse : « tu es folle», « personne ne t'aime », « tu mérites de mourir ». Mes parents n'ont pas voulu me gérer ni m'apporter à l'hôpital. Et j'avais peur. La vérité est que j'étais terrifiée, car je n'avais plus le contrôle de moi-même et je savais que j'étais entre de mauvaises mains. Ma soeur avait une date Tinder et elle m'a emmenée, car mes parents la suppliait de me faire partir de la maison. Elle m'a laissée 1h dans son automobile en pleine canicule, les fenêtres fermées. J'ai ouvert la fenêtre et j'ai vomi à l'extérieur. Je me suis mise à sangloter et j'ai vu des visages au loin me regarder sans jamais me venir en aide. Je me suis couchée sur la banquette arrière, ma tête tournait et j'ai voulu mourir.



Donc, les gens veulent me voir constamment à mon meilleur. Lorsque je tombe, ils ne sont même pas là pour m'aider. Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter cela ?


Cette partie de moi existe réellement et je ne peux la nier. Or, je vais faire ce qui est en mon pouvoir pour la garder endormie en évitant de me mettre à risque. Même si je sais que je n'ai pas cet entourage que j'aurais voulu, un jour, je saurai, je serai bien entourée et on m'aimera malgré mes « maladies mentales ».


Andréa

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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