• Julie

Syndrome du choc post-traumatique (SSPT) 4ème partie

Mis à jour : juil. 1

J'ai vécu 2 événements me laissant chacun d'eux avec les séquelles d'un stress post-traumatique, voici la 4ème partie du premier. Pour lire la première partie. Pour lire la deuxième. Pour lire la troisième.

*Ce texte pourrait ne pas convenir à tous, il contient un récit de faits vécus, aux

thèmes violents. Cette histoire est raconté à travers mes yeux.*


Le 15 avril 2017, ma sœur, Sylvie Parenteau, s'est enlevée la vie vers 11 h A.M. Ses enfants l'ont trouvée vers 17 h 30.


Les policiers nous annoncent sur place que le père des enfants, son ex-conjoint, Pascal Lortie, est décédé dans un accident de la route en chemin.


Les jours suivants cette tragédie, j'ai planifié un rendez-vous avec mon médecin de famille, demandant de recommencer ma prise d'antidépresseur, d'avoir une référence pour un(e) psychologue au CISSS (CLSC).


On m'a référé au Centre de la Prévention du Suicide, où on offre de l'aide aux endeuillé(e)s du suicide, je m'y suis inscrite.


Je ne me sentais pas capable de me supporter moi-même, je ne savais pas combien de temps je serais capable de continuer en pilote automatique sans m'écraser. J'avais en tête que ma meilleure stratégie était d'aller chercher tout le support, les outils possibles maintenant, afin d'aider les autres et que dès que je tomberais, on serait là pour m'attraper.



Il semble impossible de raconter les semaines qui ont suivies sans y déceler les effets du choc post-traumatique :


À tous les jours, je parle avec ma filleule CA. Je prends de ses nouvelles, des nouvelles de ses frères. Parfois elle pleure, parfois c'est moi. Je ne pleure pas parce que c'est triste d'avoir perdu ma sœur, je pleure d'avoir perdu mon ex beau-frère. Ma sœur, pour moi, à ce moment, n'est rien. Ce n'est que quelqu'un qui a abandonné ses enfants.


Mon conjoint part faire une emplette. J'entends une ambulance au loin. Je fais une crise d'anxiété; il est mort, c'est certain, il a eu un accident, tout le monde meurt autour de moi, c'est sûr qu'il est mort...


Je ne réponds jamais au téléphone, mais depuis, chaque fois que je sors, je vérifie que je n'ai pas manqué un appel. Le téléphone sonne, je m’empresse de répondre; et si un des enfants avaient besoin de moi ou de quelque chose? Ont-ils été chercher de l'aide? Vont-ils le demander? Devrais-je leur dire de ne pas faire telle ou telle chose, ou plutôt les laisser faire? Et si je faisais une erreur?


Je n'ai pas d'enfant, j'ai décidé de ne pas en avoir le jour où j'ai vu le tempérament de ma sœur avec ses enfants, le même que celui de ma mère. J'ai décidé que pour moi, avoir des enfants n'était pas un bon choix.


Avoir sans cesse mes neveux et ma nièce dans mes pensées était un fardeau que je m'imposais, auquel je n'étais pas préparé. Et si je me trompais?


La mort de Pascal est diffusée partout dans les médias. Même si je veux me sauver de cette réalité, elle m'est imposée, comme écrasée en plein visage.


Nous planifions les funérailles de Sylvie, assistons aux funérailles de Pascal. Je voudrais m'occuper de tout le monde, sauf de moi. Ça me tiens occupé. Je n'ai pas besoin de penser que j'ai mal si je m'occupe des autres.


Je dois reprendre, à quelques reprises, la route se dirigeant chez ma sœur. J'angoisse, je me revois, devant la maison, le policier nous annonçant la mort de Pascal.



La nuit, avant de m'endormir, je vois ma sœur pendue. Cette image me reste en tête et je n'arrive pas à dormir.


En consultation, avec le C.P.S., on m'apprend le lâcher prise. Les enfants ne sont pas en danger imminent, ils ont besoin de faire leurs erreurs. J'ai besoin de prendre soin de moi.


Avec la psychologue du CISSS : je fais l'exercice des lettres cicatrisantes.

3 lettres que je dois écrire à ma sœur. La première : une lettre de défoulement, écrire les impacts de la relation, du choix ou des événements. La deuxième, ce que je pense qu'elle répondrait à la première. La troisième, ce que j'aurais voulu qu'elle me réponde. C'est ici que je découvre combien écrire est thérapeutique.


Aussi, plusieurs séances d'EMDR : "Technique thérapeutique (...) ayant la particularité de faire appel à la stimulation bilatérale (qui peut être visuelle, tactile ou sonore). Cela aurait la faculté de recoder les images, les perceptions et les souvenirs codés négativement dans le cerveau émotionnel et ainsi, de diminuer leur impact négatif sur la vie de l'individu." (*)


Plus les semaines avancent mieux j'arrive à prendre soin de moi et à "sortir le méchant". Aujourd'hui, 2 ans et demi plus tard, je suis reconnaissante de toute l'aide et le support qu'on a pu m'apporter. Je ne suis plus la même personne. Je suis moi ─ Sylvie ─ Pascal + 1 petite-nièce + 1 petit-neveu + des outils et un parcours.


Julie.




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