• Julie

Syndrome du choc post-traumatique (SSPT) 3ème partie

Mis à jour : juil. 1

J'ai vécu 2 événements me laissant chacun d'eux avec les séquelles d'un stress post-traumatique, voici la 3ème partie du premier. Pour lire la première partie. Pour lire la deuxième.


*Ce texte pourrait ne pas convenir à tous, il contient un récit de faits vécus, aux

thèmes violents. Cette histoire est raconté à travers mes yeux.*


Le 15 avril 2017, ma sœur, Sylvie Parenteau, s'est enlevée la vie vers 11 h A.M. Ses enfants l'ont trouvés vers 17 h 30.


Son ex-conjoint, rassure ses enfants au téléphone, il viendra les rejoindrent à la maison. Mais il n'arrive pas. Il n'arrivera pas. Les policiers nous annoncent qu'il est décédé dans un accident de la route en chemin.


"On a un autre décès. Le père des enfants a eu accident de voiture en chemin vers ici. Il est décédé."


Pascal Lortie 1975-2017

Mon conjoint, mon frère et moi nous nous rendons à l'hôpital où le reste de ma famille y est déjà.

J'ai le souffle coupé durant les courtes minutes nous séparant de l'hôpital. Je ne sais plus où donner de la tête; Oh mon Dieu, ma mère vient de perdre sa fille. Oh non, les enfants, les pauvres enfants…

L'auto à peine arrêtée devant l'hôpital que je sors en criant, ayant pour seule chose en tête de réconforter tous ceux que j'aime.


Mon attention s’est tourné vers N, le plus jeune : "Mon bébé."


N : "Matante, matante, papa y'est mort"

CA : "C’est de ma faute matante…"


Pendant que je sers à tour de rôle, ma mère et chacun des enfants dans mes bras, n’arrivant toujours pas à réaliser l’ampleur de cette tragédie, on nous demande d’entrer dans l’hôpital.


S’entassent du mieux possible dans une petite salle les parents de Pascal, les enfants, ma mère, une amie de ma sœur, mon frère et moi. Ma mère et celle de mon ex beau-frère se tiennent la main et se bercent ensemble, se réconfortant l’une et l’autre. J’aide N à nettoyer la plaie sur sa main, il s’est blessé en frappant le sol. CA appuie sa tête sur mon épaule, c’est interminable…



La maman de Pascal : "Je veux le voir, je veux voir mon gars, y’é où?"


L’intervenante : "On ne vous le conseille pas Madame"


Après le décès de mon père, j’ai vu son corps. Je l’ai regretté. Je ne voulais pas me souvenir de lui avec cette image. Mon conjoint a tenu à voir sa mère après son décès, lui en avait besoin. Il ne le regrette pas. Chacun fait son deuil à sa façon. Je sentais les parents et même les enfants de Pascal dépourvus de force pour argumenter, je voulais pouvoir défendre la leur :


"Ses parents aimerait le voir, peut-être même ses enfants, pouvez-vous le cacher pour qu’ils puissent lui dire adieu? C’est important pour eux."


L’intervenante, insistant : "C’est mieux pas"


On se redirige vers l’avant de l’hôpital, les membres de la famille et amis nous rejoignent un à un.


Assise sur un banc, j’appréhende l’arrivée de l’oncle des enfants, il sait pour ma sœur, il ne sait pas pour son frère.


À son arrivée, tous se dirigent vers sa voiture, et j’entends son NON. Son NON à bout de souffle tout comme le mien. J’ai entendu sa douleur.


Julie.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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