• Julie

Sur pause

Mis à jour : juil. 1

Janvier 2018 : "Qu'est-ce que tu voudrais retirer de tes sessions?"


Moi : "Mon bien-être mais au-delà, mon but dans la vie est de toujours être un meilleur humain."


***


J'ai dû arrêter. J'ai arrêté une chose qui me faisait plaisir à moi, pour être capable d'avoir l'énergie de fonctionner dans mon quotidien. Écrire ces articles étaient et est un pur bonheur pour moi. Savoir que j'ai peut-être aidé une seule personne grâce à ceux-ci est un des moyens à moi d'être un meilleur humain.


J'ai dû arrêter de lire les articles des autres auteurs (je les lisais tous) et d'aller sur des groupes Facebook de TSPT car je rêvais les histoires racontées. J'ai dû abdiquer et m'aider moi, avant d'aider les autres. Ce qui est le plus étrange des sentiments pour moi.


Le 14 septembre 2018 j'ai eu ma dernière session avec une psychologue fournie pas le CISSS de ma région. Une perle. Les sessions avaient commencées en janvier, 8 mois après le suicide de ma sœur/décès de mon ex beau-frère dans un accident de la route. À ma dernière session, j'ai discuté avec ma psy de ma ligature des trompes qui approchait, 10 jours plus tard, de ma décision, du stress que ça pouvait occasionner d'aller à l'hôpital. De mettre ça sur la table m'avait aidé.


10 jours plus tard j'avais mon opération, mais ça a tourné au cauchemar. On m'a retourné chez moi sans avoir uriné, sans le savoir, on avait percé ma vessie durant l'opération. On m'a retourné chez moi une seconde fois après m'être présentée aux urgences le lendemain. Une 2e fois ce soir-là, après 8 heures d'attente et une échographie, j'étais admise aux urgences de l'hôpital. Après 2 semaines de séjour à l'hôpital, un cholécystectomie ouverte (ablation chirurgicale de la vésicule biliaire, vieille méthode), une réparation de la vessie, je suis enfin retournée chez moi avec une sonde sus-pubienne à la cuisse et des rendez-vous à prendre au CISSS.


J'ai été dans l'action pendant des mois, rendez-vous pour le retrait d’agrafes, changement des pansements, suivis avec les chirurgiens, examens, retrait de la sonde... Et un jour plus rien... Dans l'action, j'avais moins le temps de penser, moins le temps de m'inquiéter. Tout d'un coup, je sentais que j'avais de moins en moins d'énergie.




En novembre dernier c'était trop, j'ai demandé à mon médecin de famille un billet pour retourner consulter au CISSS.

J'ai vu aussi mon gynéco : "Comment vous allez?"

Ma réponse : "Pas super. Ça m'a pris 6 mois avant d'être capable de prendre ce rendez-vous là. C'est l'enfer" (...)

Lui : "Ben là, va falloir que vous en reveniez un moment donner aussi"


***

J'ai reçu l'appel du CISSS. 1 an. J'attendrai un an avant de pouvoir consulter un(e) psy. L'infirmière me donne un rendez-vous pour mon évaluation. Pendant une semaine j'en rêve, j'en fait des cauchemars, le jour même je planifie ma journée en conséquence; je sais qu'après, je ne pourrai rien faire, je vais être épuisée. Je reçois un appel, on reporte mon rendez-vous, la semaine suivante. La personne au téléphone reçoit la rafale de l'anxiété accumulée en pleine face; non, trouvez-moi une place cette semaine, je ne passerai pas une autre semaine à ne pas dormir...


J'ai l'impression d'être sur Pause ⏯ sans savoir quand je vais repartir...


Julie

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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