• Laurie

Stresser à en avoir mal au coeur

Mis à jour : sept. 5

À trente ans, je ne passe plus mes vendredis soir comme dans le temps. Et rationnellement, c'est très bien comme ça. Mais émotionnellement, je ne peux pas en dire autant.


Mon dernier vendredi soir, je l'ai passé à l'aréna pour voir mon filleul de 9 ans jouer au hockey. Je n'aime pas les sports en général, je ne connais absolument rien au hockey. Je ne sais pas c'est quoi "un beau jeu", "une belle passe". Je ne comprend pas tous les "lève ta tête", "dessus" et "dans ta zone" que les parents crient dans les estrades. Pourtant, je vous garanti que cette petite heure m'a épuisée bien plus qu'elle n'a pu épuiser les parents présents, ou pire, même les joueurs.


Ce n'est pas une surprise pour personne, je vis mes émotions dans le tapis. Je suis rendue ben bonne pour ne plus trop le laisser paraître et flouer tout le monde. Mais si vous aviez un minuscule aperçu de ce qui se passe à l'intérieur de mon corps, je ne vous bernerais pas une seule seconde.


Mon #22 préféré!

Je ne comprend rien au hockey, mais je veux tellement que mon filleul soit bon et qu'il réussisse. Je ne sais pas comment les gens "normaux" encaissent une défaite, je ne l'ai jamais vécu. Mais je sais comment moi je vis les miennes et je ne souhaite pas ça à personne, surtout pas à mes p'tits amoureux (surnoms donnés à tous mes neveux et nièces).


Mais toujours est-il que je travaille aussi fort, sinon plus que lui, des estrades. Et chaque fois qu'il touche la rondelle, mon coeur sert et je manque de souffle. Si un joueur s'approche de lui et le fait tomber, lui enlève la rondelle, le déjoue, etc., c'est plus fort que moi, j'ai envie d'insulter cet autre joueur comme du poisson pourri. Je sauterais sur la glace pour aller lui faire voir ma façon de penser. C'est ben simple, j'en oublie complètement leur âge.


Alors qu'on gèle dans l'aréna, moi, j'ai chaud sans bon sens. Quand la douleur au ventre n'est plus endurable et que le mal de coeur me prend, je me tourne vers son frère et ses soeurs qui sont aussi venus le voir jouer. Je détourne les yeux de la game et je me change les idées un peu, question de retrouver mon calme intérieur.


Et pour moi, ça ne s'arrête pas là. Tout le reste de la soirée, je le passe à me demander comment je vais survivre à mon futur rôle de mère. En fait, je me trouve niaiseuse de vouloir des enfants. Puis, j'en viens à la conclusion que ce sera leur père qui les accompagnera la majorité du temps dans ce type d'activités . Que je m'impliquerai de bien d'autres façons dans leur vie. Qu'un jour, ils comprendront pourquoi je n'ai pas pu aller les voir aussi souvent que je l'aurais voulu. Je ferais des efforts, bien sûr. Je serai présente lors des évènements importants. Mais je devrai toujours prendre compte de mon intensité et de mon émotivité et me ménager un peu. Je dois vivre avec cette conséquence du trouble de la personnalité limite, et ce, même si ce dernier est plutôt sous contrôle.


C'est drôle, aujourd'hui, je m'ennuie un peu de mes anciens vendredis soirs. Même s'ils étaient beaucoup plus rock and roll, c'était mon corps qui écopait, pas ma tête.


Laurie.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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