• Julie

SSPT 2e événement

Mis à jour : juil. 1

À l'âge de 20, 25 et 30 ans j'ai demandé d'avoir une ligature des trompes à mon médecin de famille. On me répondit la même chose; vous devez attendre après 35 ans.


Pourquoi donc vous demandez-vous? Puisqu'une femme, semblerait-il, pourrait changer d'idée...

(🙄)


Le 24 septembre 2018, à l'âge de 36 ans, j'allais enfin avoir ma ligature. "Simple" procédure, opération d'un jour, mais semblerait-il que rien dans ma vie est simple!


Durant l'opération, on a accroché ma vessie. C'est une erreur banale et assez facilement réparable, mais ce ne sera pas pris à temps. Avant de quitter l'aire de la chirurgie d'un jour l'infirmier sur place a négligé de s'assurer que j'avais uriné. À mon retour à la maison, je souffre de douleur intense. Je fais des malaises vagaux dès que j'essaie d'uriner.


25 septembre 7 h A.M., de retour à l'hôpital, à l'urgence. Après un scan de ma vessie, on me retourne à la maison. 10 heures plus tard j'ai dû retourner à l'hôpital, les douleurs se maintenant. À 2 h du matin, on m'admet aux urgences suite à une échographie ayant dévoilée le trou. En après-midi, je subi un scan ordonné par l'urologue. Le mot d'ordre est de laisser la sonde en place jusqu'à restauration de la vessie. Je suis maintenue à l'urgence.


Le lendemain on m'avise qu'une ablation de ma vésicule biliaire doit être faites. Je suis admise en chirurgie.


La vue de ma chambre!

27 septembre 13 h, bye bye vésicule! À mon réveil, j'ai mal à l'abdomen, trop mal pour que ce soit les petites incisions décrites par le chirurgien. Cette 2e opération ne s'est pas non plus déroulée comme prévue... bien entendu! On a dû m'ouvrir l'abdomen, à la vieille méthode... Un cas jamais vu me dit-on, une pierre trouvée à l'extérieur de ma vésicule! Je n'ai jamais excellé autant de ma vie! (Du sarcasme ici, faut bien en rire)


3 jours plus tard, la sonde est retirée. 1 jour plus tôt que prescrit par l’urologue. Je suis positive et nerveuse à l’idée de pouvoir enfin retourner chez moi. Pourtant, je n’urine pas. Après discussion avec le personnel infirmier, on me suggère d’augmenter la quantité d’eau ingérée. C’est du sérieux, de l’eau, j’en bois, un marathon! Rien ne sort. J’angoisse. Je pointe mon ventre très dur et enflé au chirurgien qui veut me donner mon congé : ‘’Vous savez Mme, ce ne sera pas parfait chez vous non plus.’’


Durant la soirée qui a suivi cette rencontre mon congé m’a été retiré; le trou à ma vessie ne s’était pas colmaté, je faisais maintenant des malaises vagaux. Mon conjoint intervient : ‘’Nous sommes ensemble depuis 20 ans, je ne l’ai jamais vu pleurer de douleur. Julie est vraiment dur sur son corps, si elle dit qu’elle a mal, elle a mal. Faites quelque chose.’’



Le liquide qui s’échappait de ma vessie s’est retrouvé dans le drain de la plaie pour le retrait de ma vésicule biliaire. Un drain de taille beaucoup plus grande a dû être installé pour permettre au personnel d’avoir le temps de le vider. Une analyse du liquide révèle qu’il s’agit d’urine et la sonde est réinstallée. Le 28 septembre 13 h on m’opère à la vessie pour réparer le trou. J’ai quitté l’hôpital le 2 octobre.


Pendant l’écriture de cet article j’ai été malade, une intoxication alimentaire, assez insignifiant pour nous tous mortels. C’est juste plate être malade. Le problème c’est que quand tu souffres de SSPT ça devient exponentiel. Chaque minute dans l’incertitude se transforme en anxiété, je me revois, comme propulsé dans mon lit d’hôpital, impuissante. Une chaîne de pensées se forme : Et si?


Et si c’était plus grave que je pensais?

Et si je n’allais pas à l’hôpital à temps?

Et si on ne m’écoutait pas?

Et si on faisait encore une erreur?



Apparemment qu’avec des ‘’si’’ (scies) on bâtit des maisons, j’espère bien que la mienne va avoir un garde-robe walk-in pour tous mes souliers!


Julie.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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