• Laurie

Santé mental et Travail : Se sentir comme un humain ou comme un numéro

On croit souvent à tort que, du moment où on l'on travaille pour une grosse entreprise, on sera assurément traiter comme un numéro. Moi la première, j'avais cette image erronée en tête. Heureusement, mon parcours professionnel m'a permis de m'ouvrir les yeux sur le sujet.


Il y a quelques années, je travaillais pour une petite entreprise située dans ma région uniquement. Un patron qui avait repris l'entreprise de son père et qui donc, on aurait pu penser, avait la valeur familiale bien encrée. Au total, nous étions environ 30 employés, et dans mon département, nous n'étions pas plus d'une douzaine. Malheureusement, ce que je croyais qui allait être une équipe forte, solide, soudée serré, s'est avéré être une équipe qui se parle dans le dos, qui se mets des bâtons dans les roues et qui se laisse dans marde sans remord.


Et notre patron.... la valeur financière était finalement beaucoup plus présente que la valeur familiale. Je me rappelle lorsque j'ai dû m'absenter 2 semaines après avoir été en psychiatrie à l'hôpital. À mon retour, ce patron est venu me parler directement sur le plancher de travail, avec mes collègues et clients à quelques mètres (allô l'intimité) pour me dire qu'il avait lui aussi vécu une période difficile mais que le travail l'avait sauvé, et donc, que le travail me sauverait également. Tout ce que j'ai ressenti lors de son discours, c'est beaucoup de maladresse, rien d'authentique et extrêmement de pression à me consacrer au travail et mettre de côté tout ce que je vivais à l'intérieur à cette époque.


Pour des raisons évidentes, j'ai fini par quitter cet emploi quelques mois plus tard. Ce sentiment désagréable d'être un numéro, un pion sur son terrain de jeu, n'a fait que s'accroître avec le temps.



Ironiquement, je suis partie pour une entreprise qui est établi à la grandeur du Québec, et même un peu en Ontario. Au total, nous sommes plus de 45 000 employés. Bon, dans ma "succursale", nous sommes autour de 200. Tout de même, c'est un grand nombre. Et pourtant, notre directeur connaît chacun de nos noms et un minimum de notre histoire personnelle, malgré le fait que nous le croisons parfois que quelques fois dans le mois. Nos gestionnaires sont l'exemple même d'un boss humain. Je peux ouvertement discuter de mes défis quotidiens avec ceux-ci, et ce, sans jamais me sentir juger ou mise de côté. Au contraire, on me consulte souvent pour savoir ce que notre succursale pourrait faire pour promouvoir la santé mentale chez les employés. Je suis devenue ce qu'on appelle une référence en santé mentale et depuis, je remarque que la santé mentale est prise beaucoup plus au sérieux.


Mes conclusions : Être un boss humain, tu l'as ou tu l'as pas. Ce n'est pas l'ampleur de l'entreprise qui influence la donne, mais bien quelle personne se trouve à être la tête dirigente de tout ce monde là. Et lorsque cette personne a de bonne valeurs, elle aura tendance à s'entourer de gens qui lui ressemblent. Également, son comportement et sa façon de traiter ses employés auront de grandes répercussions sur ces derniers. C'est un effet domino qui s'installe.


Aujourd'hui, j'ai la chance de me sentir assez à l'aise pour "caller" malade lorsque j'ai passé une grosse nuit d'anxiété, et surtout, de dire la vérité lorsqu'on me demande pour quelle raison. Tout simplement parce que je sais la réponse que j'aurai en retour : Repose-toi, prends soin de toi et au besoin, nous avons des ressources.

( Hallelujah !!!! )


Laurie.



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