• P.

S'effrondrer dans le stationnement

Mis à jour : sept. 3

Je me souviens d'un article que j'ai lu il y a quelques années qui s'intitule « Tomber dans le rack

à pastilles » de Jonathan Roberge (https://urbania.ca/article/tomber-dans-le-rack-a-pastilles/). En le lisant, ça m'a rappelé mes premières crises d'anxiété lorsque j'avais 11-12 ans, dans mes cours d'escrime. Je me rappelle avoir cru mourir les premières fois que ça m'arrivait.


Avec la pandémie, le confinement et l'ambiance de peur qui règne dans les lieux publics, mon trouble anxieux et mon trouble de personnalité limite sont mis à rude épreuve. J'ai des sautes d'humeurs incroyables, mon sommeil est perturbé, je suis souvent déprimée, j'ai perdu de l'intérêt quant aux activités que j'aimais, je manque de concentration et je fais souvent des crise d'anxiété.





Malgré ma forte anxiété dans les lieux publics, je suis tout de même allée au marché près de chez moi avec mon copain pour acheter des plantes. Malgré la situation actuelle, le marché était plein à craquer dans cette section. Personne ne respectait le 2 mètres de distance et l'on sentait clairement l'impatience dans la foule. Certains employés devaient crier pour que les clients respectent quelques règles. Après une quinzaine de minutes, des symptômes familiers sont apparus: douleur à la poitrine, difficulté à respirer, muscles crispés, sensation de panique et les larmes qui montent aux yeux tout seul. Quelques minutes plus tard, on a payé et on est sorti dans le stationnement. Je n'étais plus capable de gérer ma crise et j'ai commencé à hyperventiler. Les voitures abondaient tout autant que les gens. Je tenais fermement le panier pendant que mon copain remplissait son sac en me rassurant. Je ne sentais plus mes jambes ni mes doigts, j'étais engourdie. Puis, mon copain m'a dit de me tasser un peu sur le côté afin laisser de la place à une voiture qui essayait de se stationner. Je me suis tournée, j'ai vu la voiture, j'ai lâché le panier et je me suis effondrée.


Je ne sais pas comment expliquer ça. J'ai senti que la force m'avait quittée. Je suis tombée sur les fesses et je me suis retenue avec un bras pour ne pas me cogner la tête. Presque instantanément, j'ai commencé à crier/pleurer, les mains sur le visage. Mon copain s'est précipité sur moi et m'a serré contre lui en me rassurant. J'ai entendu plusieurs passants lui demander si j'étais correct ; il leur répondait que c'était "juste" une crise d'anxiété, que j'allais bien.


Lorsque je me suis assez calmée, mon copain m'a aidée à me relever, puis il m'a racontée une blague. Du maquillage barbouillé partout au visage, j'ai commencé à rire comme une folle. On est rentré chez nous et j'ai passé la soirée à répondre à des quizz dans le Cool "spécial tests" du printemps.


Ce que l'on vit depuis le mois de mars m'a complètement dépassée. Le déconfinement ne me rassure pas du tout non plus. Je ne suis pas sûre que je vais être capable de prendre le transport en commun bientôt. Malgré tout, je prends un jour à la fois.


P.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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