• Laurie

Rongée par la culpabilité

Mis à jour : sept. 4

Vous savez qu'il existe des émotions de bases chez l'humain, telle que la joie et la tristesse? Chez moi, on peut ajouter le sentiment de culpabilité. C'est presque inné en moi, la maudite culpabilité. Quand je dis inné, c'est que je la ressens assez souvent, pis ben facilement. J'appelle ça de la culpabilité, mais en vérité, je pense que c'est un ramassis de pleins de cochonneries que je ressens en même temps suite à un événement précis. En gros, après une situation X, je me mets à regretter, à avoir honte, à paniquer à propos des conséquences possibles et finalement, à culpabiliser d'avoir créer la dite situation de départ.


L'exemple le plus ancien qui me vient en tête s'est produit lorsque j'avais environ 10-11 ans. L'histoire n'es pas très glorieuse, mais elle exprime très clairement ce que je veux dire par culpabilité. C'était l'époque du super site de discussion MIRC, l'ancêtre de Messenger. Mon amie et moi s'étions inventé un personnage; une fille début vingtaine, qui s'appelait Amanda. Suite à une discussion, nous avions donné rendez-vous le soir même à un dénommé Henri de Montréal au cinéma de Joliette, notre ville natale.


De retour chez moi pour le souper, je réalise ce que je viens de faire. Un homme fera environ 1 heure de route pour rencontrer une Amanda qui n'existe pas. Voici venir la première crise de culpabilité dont je me souviens. Et oui, c'est une crise. Lis ce qui suit, tu vas comprendre. Cette soirée-là, je l'ai passée à pleurer comme une madeleine. Je n'arrivais plus à penser à autre chose qu'à ça. J'étais complètement tourmentée, j'avais terriblement honte. J'ai fini par m'endormir, mais je me suis réveillée régulièrement en sursaut parce que j'en faisais des cauchemars. Le lendemain, j'ai eu ce sentiment de cœur qui serre pendant toute la journée. Cette histoire date d'il y a 20 ans, et elle me hante encore. Ça vous donne une idée?


Bon, il est fort possible que le Henri en question ne se soit jamais déplacé. Il n'existait peut-être pas pour vrai lui non plus. Mais à l'âge que j'avais, je n'ai jamais pensé que c'était une possibilité.


Aujourd'hui, à 30 ans, il m'arrive encore régulièrement de subir des nuits d'anxiété comme ça et d'affronter des journées de culpabilité sans que personne ne se rende compte de quoi que ce soit. Des fois, c'est aussi niaiseux que d'avoir acheter un morceau de linge de trop dans une journée de magasinage ou bien d'avoir mousser un peu trop à mon goût une facture au restaurant parce que sur le coup, je le feelais.


Une fois, j'avais demandé une journée de congé pour un rendez-vous médical qui a été reporté. Je me suis sentie mal toute la journée car je m'étais fait remplacée inutilement. Je n'ai donc pas besoin de vous dire que les nuits qui suivaient mes crise de colère (je le met au passé parce que ça fait des mois que je n'en ai pas fait, yeah) étaient désastreuses.


J'écris à ce sujet parce que, bien sûr, j'ai vécu une nuit de la sorte la semaine dernière. J'avais donné rendez-vous à quelqu'un, mais par la suite, je ne le sentais plus du tout. Comme à chaque fois, je n'ai pas très bien dormi. J'ai imaginé les pires scénarios possibles, j'en ai même pleuré. Le lendemain matin, j'ai demandé conseil à mes amies. Elles ont toutes tenté de me calmer et de me rassurer. Mais en vain. Je me sentais coupable d'avoir promis quelque chose à quelqu'un en sachant pertinemment que je n'allais pas honorer ma parole. Finalement, la personne en question s'est mise à agir très bizarrement et je n'ai eu d'autres choix que d'annuler.


Comme quoi, des fois, notre anxiété et notre culpabilité peuvent être un mécanisme de défense fort efficace. Maintenant, quand ça m'arrive, je comprends que je viens probablement de faire quelque chose qui va à l'encontre de mes valeurs et mes principes ou bien quelque chose qui nuit à l'étape où je suis rendue dans mon cheminement personnel. J'en conviens, ce n'est vraiment pas agréable à vivre. J'aimerais bien avoir un fort instinct sans toutefois devoir vivre avec les effets psychologiques et physiques. Ceci dit, j'ai appris à vivre avec la culpabilité quasi omniprésente chez moi. Et maintenant, je tente de m'en servir pour garder le cap, éviter les erreur monumentales ou limiter les dégâts.


Et vous ? Qu'est-ce qui vous fait sentir coupable inutilement?


Laurie.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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