• La fougueuse

Retour aux études: revisiter les vieux patterns



Je me suis faite discrète ces dernières semaines. Ça m'a frappé aujourd'hui, une collègue avec qui j'ai une belle connexion m'a dit: "Tu as changé depuis que tu as commencé l'école, je te sens tendue et différente." Je suis restée bouché bée, je n'avais juste rien à ajouter. Oui, ça se passe bien dans l'ensemble, si on compare à ce que c'était à l'époque quand j'étais aux études: l'enfer total. Crises d'angoisse une après l'autre, insomnie, panique à en être malade.


Alors oui, malgré les défis, si on compare, le bonheur plane sous le soleil. Je trouve seulement difficile de revisiter des vieilles affaires que je pensais réglées. D'un autre côté, j'ai des réponses que je n'avais pas auparavant. Aller à l'école et vivre avec des problèmes de santé mentale sans le savoir et retourner aux études avec des outils, c'est deux choses. Je pars avec des bases différentes ici. Ce que je trouve le plus difficile je pense, c'est qu'au fond de moi, je m'attendais à ce que ce soit tout beau, tout parfait (TOPC qui parle ici), que ce soit facile (non mais bonjour la réalité) et oh surprise, ce n'est pas le cas.


Parce que rien n'est jamais parfait. Il faut que j'arrête de vouloir cet idéal, ça n'existe juste pas. Ben oui, je recommence à obséder sur le fait que mon devoir doit être parfait, mieux que ceux des autres étudiants, et qu'il faut que je comprenne tout du premier coup. Mais là, j'ai des outils, et je dois les ressortir, ce qui est énervant parce que, t'sais, quand tu pensais enfin que ça commençait à bien aller.. Tu réalises que non, jamais tu ne vas pouvoir t'asseoir sur tes outils en pensant que tout va bien aller pour toujours, qu'il n'y aura plus jamais d'embûches.


Les deux premières semaines, j'ai vite compris que je devais restreindre mes visites sur le forum de mes deux cours et limiter la consultation de mes courriels de l'université. J'en étais déjà rendu à me comparer sans arrêt avec tel étudiant qui a écrit telle chose sur le forum et qui est rendu à telle place dans le module. "Mon dieu, mais comment il/elle fait? Comment ça, je ne suis pas encore rendue là?"


Anxiété, inquiétude, questions.


Là, le scénario catastrophe part. Tu te demandes si tu es en retard (le pire cauchemar du perfectionniste). Tu te demandes si c'est normal que tu ne sois pas rendu à tel endroit dans le module. Tu passes encore plus de temps sur tes projets d'école. Tu en fais trop. Tu t'épuises. Vous voyez le pattern ici? C'est exactement celui que j'ai appliqué pendant 3 ans au cégep.


Je dirais que, maintenant, j'ai passé cette étape et j'y vais à mon rythme, tout en respectant le calendrier détaillé, parce que je vais arriver à la fin de la session comme tout le monde au bout du compte. Certains jours, je trouve difficile de contrôler mon cerveau pour ne pas qu'il retourne là, pour ne pas qu'il retourne dans les vieux patterns connus et confortables. Je pense que je réussis bien en général, mais cela me demande une force mentale que certains jours je n'ai pas envie d'utiliser. J'aimerais pouvoir consacrer tout ce temps et cette énergie à autre chose que me gérer sans arrêt.


J'ai beaucoup d'admiration maintenant pour tous ceux qui, comme moi, travaillent à temps plein et étudient à distance, et qui, en plus, ont des enfants, une hypothèque et autre à gérer. Je n'ai pas d'enfants ni de maison, alors vous avez mon admiration entière. Parfois, j'ai déjà l'impression d'en avoir beaucoup dans mon assiette avec moins que ça. Mais je ne veux pas tomber dans les excuses et m'empêcher de poursuivre un rêve simplement parce que moi, ce que je dois gérer en plus du reste, c'est ma santé mentale. Je vois le progrès fait. Mais j'aime me mettre au défi. L'université en sera un, c'est certain, et je veux me prouver que je peux y arriver, même si ça prend plus de temps et d'efforts que les autres (ouf oui et je peux vivre avec ça).


La fougueuse.



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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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