• denaultc

Retour à un état plus normal


Dans mes précédents textes, je racontais que j'étais entrée en psychiatrie 10 jours après mon accouchement. J'étais en psychose post-partum et j'ai ensuite été déclarée bipolaire. Voici la suite de mon histoire à l'hôpital:


Lorsque ma psychiatre a décidé que je n'étais plus dangereuse pour personne (avant j'avais des comportements agressifs envers les autres), on a pu planifier une visite sous surveillance avec mon petit bébé. J'étais tellement heureuse et impatiente de le voir que j'avais un mélange d'émotions et de contradictions... Allait-il me reconnaître ou même savoir que je suis sa maman ? J'avais certaines craintes, mais elles étaient camouflées par mon énorme joie d'enfin le revoir avec mes yeux de femme normale.


La visite arriva enfin et je me souviens avoir eu une chaleur qui m'a parcouru le corps en le voyant couché sur le lit. Je me sentais maladroite pour le prendre dans mes bras et mon conjoint m'a aidé. Je l'ai collé tout contre moi et des larmes ont coulé. J'avais enfin mon bébé dans mes bras ! Il était tellement beau. J'ai vécu un moment difficile quand j'ai dû lui donner le biberon, car je repensais à mon premier moment avec lui à l'hôpital. Mon moment préféré de sa naissance; le peau à peau et sa bouche qui prenait mon sein tout doucement. Un allaitement parfait ! Je revivais mentalement ce moment et je me disais que plus jamais je ne revivrais ça avec lui... Un coup dur que j'ai encaissé en revenant au moment présent et en le regardant boire avec calme. Je me suis juste dit que j'étais chanceuse d'enfin l'avoir près de moi après ces semaines d'enfer.


Après avoir donné le biberon, je me suis couchée avec lui dans le lit d'hôpital. Je l'ai collé tout contre moi et j'ai savouré le moment avant que quelqu'un me dise que la visite était terminée. J'ai beaucoup pleuré en embrassant mon conjoint et mon bébé avant qu'ils prennent l'ascenseur. Je trouvais cela très difficile de me séparer d'eux et d'être obligée de rester à l'hôpital alors que j'allais mieux. J'aurais voulu me sauver avec eux si j'avais pu ! J'étais prise encore à l'hôpital pour un bon mois afin de me rétablir au maximum.


Après cette visite, j'ai eu droit à voir mon bébé quand mon conjoint venait et sans surveillance puisque que tout s'était bien déroulé. J'ai même eu droit à des sorties accompagnées sur le terrain de l'hôpital et plus tard des sorties accompagnées en dehors de l'hôpital avec toujours des heures de retour à respecter. Puisque que tout allait bien et que les semaines avançaient, j'ai même eu droit à des nuits à dormir dans mon lit ! J'étais tellement bien chez moi que je ne voulais pas retourner à l'hôpital et que je pleurais toutes les larmes de mon corps sur le chemin du retour. Je trouvais difficile d'encore me retrouver enfermée et seule. Les moyens de me changer les idées étaient le coloriage et l'écriture. J'écrivais ce qui se passait dans ma tête et je racontais les beaux moments que je vivais en sorties ou en visites. Ces retours sur mes journées me redonnaient le sourire automatiquement et me donnait hâte à mon retour imminent à la maison.



À force de persévérer et de travailler sur moi en parlant aux intervenants, en écrivant, en coloriant et surtout en prenant ma médication, j'ai pu avoir mon congé officiel de l'hôpital après 2 mois.


Je ne vous cacherai pas que j'étais extrêmement heureuse de cette nouvelle, mais aussi craintive à retourner à la vraie vie...


Cassandra




*À noter que nous tentons doucement d'intégrer l'écriture inclusive dans tous nos textes. Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à consulter l'Office québécois de la langue française.