• É.

Reste chez toi, prends soin de toi

Il n'y a pas si longtemps, j'ai dit à une employée de rester chez elle.


Pourtant, elle n'avait pas de fièvre, pas de membre en sang, pas de vomissement. Rien de tout cela. Elle m'a simplement écrit en me disant qu'elle avait une grosse charge mentale, qu'elle n'était pas capable d'être présente et qu'elle se sentait mal de me laisser toute seule alors qu'on avait beaucoup de choses à faire.


Ce jour-là, je souffrais d'une migraine, je comptais partir plus tôt et malgré cela, je lui ai dit de rester chez elle et de prendre soin d'elle.


Pourquoi? Car sa santé mentale est beaucoup plus importante que de servir un client, que d'emballer une commande ou que de faire un inventaire bi-annuel. Sa santé mentale et la détresse qu'elle ressentait était tout aussi valide que ma condition physique.


Je me suis sentie choyée d'avoir établi ce climat de confiance avec elle. Pour moi, qu'un employé soit incapable de se sortir du lit un matin car psychologiquement, ça ne fonctionne pas ou qu'il fasse 40 de fièvre, c'est pareil. Et je trouve que beaucoup trop d'employeurs ne comprennent pas ce concept. Ça m'attriste et ça me fâche à la fois.


Je me souviens, lors de mon entrée en urgence à l'hôpital, c'est ma mère qui a dû appeler à mon emploi pour annoncer que je serai absente le lendemain, car j'étais prise en charge. Aussitôt sortie, ma gérante du moment m'avait rencontrée en me disant "Tu dois arrêter de te morfondre. Moi, lorsque j'ai fait ma dépression majeure et que j'ai eu ma maladie, je me suis abandonnée dans le travail. Ça va t'aider, toi aussi."


Il y a trois ans et demi, ça m'avait fait grincer des dents. Je ne pouvais pas croire qu'elle me disait, en le pensant sincèrement, à quel point travailler allégerait ma charge mentale. C'était comme me dire que de tourner le couteau dans ma plaie allait la cicatriser.



Je me suis vue en cette employée.


J'aurais aimé ça, lorsque j'ai été à sa place, qu'on me dise de prendre une journée de congé, sans qu'on me fasse sentir mal car une personne a été obligée de faire un double ce jour-là.


À tous les employeurs qui liront ce texte, vos employés vivant un trouble de la santé mentale ou une surcharge psychologique ont besoin d'être validés. Ils ont besoin de se sentir aussi important que l'employé qui prend un jour de congé, car il a la grippe ou le dos de barré.


À tous les employés, salariés ou autonomes qui liront ceci, tu es en droit d'utiliser tes jours de maladie comme et quand tu en ressens le besoin. Tu as le droit de te réveiller le matin et de te sentir incapable, d'avoir besoin d'un jour de repos pour être plus apte pour le lendemain. Personne ne devrait avoir à atteindre le fond du baril pour prend soin de soi.


É.

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