• Lily

Qui suis-je?

Mis à jour : juil. 22


Je me suis longtemps posée cette question et je n’ai pas une réponse complète encore! Permettez-moi de vous présenter ce que j’ai découvert à ce jour. Je suis une femme transgenre de 31 ans. Je suis maman de deux merveilleux enfants de six et neuf ans. Je suis atteinte de dysphorie de genre et de dépression.



Mais derrière tout ça, je suis qui moi? Je suis une femme un peu gamine. J’aime beaucoup les jeux vidéo, les jeux de rôle sur table, les jeux de société, un peu tout ce qui touche la science-fiction. J’ai une imagination débordante et très active. Je suis une rêveuse qui a toujours milles et unes histoires à raconter. Ça, mes enfants adorent!

Je suis aussi mariée à une femme exceptionnelle. Une femme qui me soutient à travers tous mes défis quotidiens malgré qu’elle ait ses propres démons à affrontés. Nous sommes une équipe de feu! Notre union fait notre force! Ce n’est pas tout le monde qui poursuivrait une relation amoureuse avec quelqu’un après avoir appris que cette personne est transgenre et qui est capable d’endurer ma dysphorie!


Ensuite, je suis une gestionnaire d’incident dans le domaine des télécommunications. Qu’est-ce que ça peut bien être, une gestionnaire d’incident? Ça s’occupe de la coordination et de la communication lors de pannes sur le réseau. Ça s’arrange pour que les patrons n’aient aucune raison de recevoir des plaintes des clients en mettant tout en œuvre pour que le service soit rétabli le plus rapidement possible. Un job à haut niveau de stress mais extrêmement gratifiant.

Je suis une femme insécure, qui tente tant bien que mal de se lever et s’aimer. D’arrêter de toujours craindre la solitude. Qui, malgré ses beaux sourires, est brisée. Qui a trop longtemps été un pilier pour sa famille et s’est oubliée elle-même, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Qui pleure pour rien souvent par confusion émotionnelle (ah l’œstrogène!).


Je suis aussi un brouillon. Un « Work in progress ». Je me découvre de plus en plus, un jour après l’autre. Mon corps change, mes pensées changent et, surtout, ma façon de vivre les émotions change beaucoup. C’est une aventure palpitante qui me permet chaque jour de me rapprocher de la personne que je suis vraiment, une femme accomplie et heureuse.


C’est bien beau, tout ça, mais c’est quoi la dysphorie de genre ?!


C’est ce avec quoi je vie. Récemment assigné l’étiquette du trouble de santé mentale, la dysphorie de genre, c’est la détresse de la personne transgenre face à un sentiment d'inadéquation entre son sexe assigné à la naissance et son identité de genre. L’identité de genre, c’est le genre auquel une personne s’identifie.


Dans mon cas, étant assignée homme à la naissance, j’ai longtemps eu beaucoup de sentiments que je n’arrivais pas à cernés. À la suite d’une conversation avec un ami de très longue date, plusieurs éléments ont fait surface.


· Déjà à un très jeune âge, je voulais avoir de jolis longs cheveux, de belles tresses, porter de jolies robes aux couleurs pastelles.


· J’ai toujours détestée le poil, peu importe où il se trouvait sur mon corps. Mais on m’a tellement longtemps dit qu’un homme, ça ne se rase pas les jambes, ça se ne rase pas les bras…j’ai endurée toute ma vie, jusqu’au début de cette année 2019.


· Aussi étrange que ça puisse paraître, j’ai toujours voulu un corps féminin et je me suis souvent questionnée, même à l’adolescence, à quoi je ressemblerais avec un corps féminin. Je me disais que je serais plus belle. Finalement je n’étais simplement pas bien avec le corps masculin qui m’a été donnée à la naissance.


Donc, ma dysphorie, elle est très forte quand je vois du poil sur mon corps. Je me rase le visage à tous les deux jours, le corps une fois par semaine. Merci traitement hormonal féminisant qui le fait pousser plus lentement! C’est aussi ma voix, masculine et grave, qui me fait toujours un petit pincement quand je m’entends parler. C’est aussi un couteau au cœur quand quelqu’un m’appelle monsieur. C’est de magasiner des vêtements et réaliser que ceux que je trouve si beau et joli, accentuent les aspects plus masculins de mon corps. C’est d’avoir l’impression de me faire fixé parce que les gens doutent si je suis une femme ou un homme, même si c’est pas toujours le cas.


Je suis un traitement d’hormones féminisantes qui m’aide à avoir une apparence plus féminine, mais également à ressentir les choses différemment. Ça se joue autant sur le plan physique que psychologique. Le gras dans mon corps se redistribue. Plutôt que d’avoir la majorité dans mon ventre, maintenant ça se distribue dans mes fesses, mes seins et mes hanches. Parce que oui, ce traitement a fait en sorte que j’ai des seins. J’ai même eu droit à une légère montée de lait surprise un matin! Ma femme trouve ça bien drôle! Il y a aussi atrophie musculaire alors je dois travailler fort pour conserver une masse musculaire raisonnable. Je me sens déjà beaucoup plus faible qu’avant.


Il va sans dire que malgré tout cela, j’ai toujours des crises de dysphorie, où je ne me sens pas adéquate, que je ne projette pas la personne que je me sens être. Ma tête joue contre moi et les crises de larmes viennent, quand je suis seule principalement. Heureusement, ça se travaille!


Lily.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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