• La fougueuse

Quand une personne avec un TPOC en rencontre une autre

Mis à jour : janv. 23



Imaginez ce que ça pourrait donner comme résultat deux personnes avec un TPOC qui doivent passer du temps ensemble? Pas très beau comme image disons!


Depuis que j’ai reçu mon diagnostic, j’ai remarqué que le facteur de risque environnemental pouvait être très probable dans mon cas. Sans avoir de diagnostic, je sais qu’un membre de ma famille a, du moins, de forts traits d’un TPOC. Alors je n’ai pas besoin de vous dire que les rencontres de famille représentent souvent un défi important. Je remarque qu’en général je suis très anxieuse en présence de gens dont les standards sont très élevés, alors quand vous avez, sur plusieurs points, un sosie de votre personnalité en face de vous, c’est très confrontant.


C'est incroyable à quel point les gens qui focussent sur les détails et obsèdent sur les petites choses, ça m'énerve au plus au point. Je vous donne un exemple. Pendant les Fêtes, je suis allée visiter de la famille. Lors d'un souper, ce membre de la famille ne pouvait pas s'asseoir deux minutes, tout devait être parfait. D'un autre côté, cette personne clame que c'est «à la bonne franquette», mais on n'ose pas rien salir ou rien faire de travers. Ouf que c'est épuisant. Est-ce que je suis comme ça aussi? Mon copain et moi, on se regarde, je lui fais des gros yeux, l'air de dire: «Ouf que c'est énervant, pitié, je ne suis pas comme ça?» Tu sais ce sentiment d'inconfort, où tu ne sais plus où te mettre parce que l'autre en fait trop, c'est ça notre vie à nous. Jamais savoir quand s'arrêter, toujours trop en dire, trop en faire, trop en attendre de soi et des autres. Jamais je n'aurais cru avoir droit à une exposition à moi-même, à un reflet de ma personnalité. Laissez-moi vous dire que ce n'était pas l'expérience la plus agréable vécue jusqu'à présent...


J'aimerais pouvoir dire à cette personne que je comprends, que je sais ce que c'est, parce que moi, j'ai un diagnostic qui m'a apporté beaucoup de réponses et que maintenant je travaille fort pour m'améliorer. J'ai failli le faire, mais je sais que ce n'est pas le moment encore. Je sais que cette personne n'est même pas prête à accueillir mon diagnostic, que j'aurai comme réponse que la psychiatre s'est sûrement trompée (on se souvient ici que c'est la deuxième que j'ai vu), que je ne suis pas «si pire». Mais d'un autre côté, elle me fait souvent remarquer que ma perception est biaisée, que je m'imagine des affaires (même lorsque j'énonce des faits assez mesurables et observables) lorsque je tente de mettre mes limites sur certaines choses.


J'aimerais éventuellement pouvoir publier ici sous mon vrai nom, mais pour ma famille, pour ma survie mentale actuelle dans ce contexte, ce n'est pas encore possible. J'aimerais parler ouvertement de ma santé mentale comme plusieurs le font ici, et que j'admire, mais mon contexte actuel est encore trop fragile pour le me permettre. Je sais que trop de critiques viendraient, trop de chicanes suivraient, trop de questions et de jugements surviendraient. J'aimerais pouvoir être capable d'affronter tout cela, mais encore une fois je vais taire des informations à ma famille qui pourraient m'épargner trop de temps perdu, de drainage d'énergie inutile pour le moment.


J'aimerais entendre vos témoignages sur si oui ou non vous avez divulgué votre diagnostic à votre famille. Merci encore pour votre support si apprécié.


La fougueuse.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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