• France P.

Quand tu rêves trop noir

Je suis en dépression. Je suis dans un nuage noir sans fin. Mes rêves me le démontrent de façon très éloquente. Depuis quelque temps, je rêve à comment je vais mettre fin à mes jours sans que ça paraisse, question que ma famille touche mon assurance vie et puisse se sortir des dettes que nous avons. Je rêve d’une façon douce, mais aussi directe. Une façon qui, lorsqu’on me trouvera, ne permettra à personne de comprendre que c'était planifié.


Ouff... je viens de relire mon premier paragraphe. C'est lourd, mais en même temps, c'est ce qui m'habite depuis quelques jours. Et j'ai peur pour moi. Mais je suis réellement à bout de stresser aux 2 minutes à propos de ce qui va se passer dans ma vie. Je n'en peux plus de toujours avoir à chercher mon souffle, d'avoir la poitrine qui me sert dès que je dois poser une action quelconque.

J'ai l'impression d'être une mauvaise mère et ça me fait de la peine. Mon fils fait tellement de crises que parfois, j'arrive à peine à l'endurer. Je me sens horrible de le forcer à prendre une médication pour qu'il soit un tant soi peu fonctionnel. Je me tape aussi sur la tête de ne pas être plus présente pour ma fille, de ne pas toujours être en mesure de la soutenir dans son anxiété parce que je suis trop occupée à gérer son petit frère. Bref, je me sens atrocement mal de réaliser que je ne suis pas aussi forte comme maman que ce que je voudrais être.

Ma tête est aussi flou que cette image

Je me sens aussi très mal de ne pas pouvoir être plus à l'écoute de ma femme et de ses besoin. Présentement, je suis à cheval entre son besoin d'être aidée et mon besoin d'être aidée également. Je l'entends, mais je suis trop loin pour la comprendre. Je n'arrive pas à m'identifier à ce qu'elle vie. Et je regrette de ne pas être là pour elle comme elle l'a été pour moi par le passé. C'est comme si je prenais mes distances d'elle parce que je n'en peux plus d'avoir mal.


Je n'ai même plus l'énergie de faire mes tâches ménagères. En fait, j'ai abandonné l'idée de faire du ménage, car je trouve que mon bordel reflète bien ce que ma tête et mon corps ressentent présentement. Je suis d'ailleurs encore en pyjama. À vrai dire, je n'ai jamais vraiment enlevé mon pyjama que quelques rares fois depuis le début de la pandémie. Il est greffé à ma peau.


Je me relis une seconde fois. J'en arrive à la conclusion que je suis prise entre l'envie de ne plus rien entendre autour de moi et l'envie qu'on me sorte de cet écran noir. C'est lourd, mais j'en parle parce que je ne suis sûrement pas la seule qui se sent comme ça par moment.


Et comme je dis toujours, ça va passer. Petit à petit, on va s'en sortir. Et un jour, tout ce noir deviendra plus gris, jusqu'à s'estomper totalement.

France P.

263 vues

© 2019 par Une Tempête à la fois.

Tout droit réservé

  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon