• La fougueuse

Quand ta santé physique décide de ta santé mentale


Ces derniers temps, comme vous le savez, j'expérimente beaucoup d'effets secondaires de ma médication qui m'ont ramené à des vieux souvenirs de trauma que je n'avais pas trop envie de déterrer. Je vous dirais qu'à certains moment, j'étais dans une colère contre mon corps, contre ma santé, contre la fragilité de mon immunité, de toutes les réactions nouvelles de ce corps qui a été injecté de poison pendant 6 mois de cancer. Chaque fois que physiquement je ne vais pas bien, l'anxiété monte à un point tel que je ne peux plus différencier si mon anxiété est la cause de mon mal physique ou l'inverse.


Je viens tellement enragé contre ce corps qui ne réagit plus comme avant, qui ne réagit pas comme je le voudrais, qui ne réagit pas comme les médecins auraient pensé. Je suis souvent, malgré moi, un cas d'exception. Alors maintenant, de me réveiller cette semaine encore avec des crampes abdominales de 3h du matin à en milieu d'après-midi, ça me met hors de moi. Je dois manquer le travail alors que j'adore mon travail. Je dois ENCORE aller voir le médecin (pour la quoi 3è fois en un mois). Sans oublier tous les tests passés (torture mentale pour moi littéralement) pour tenter d'éliminer l'hypothèse que la médication était en cause. Depuis le début, mon médecin de famille pensait que c'était le cas, mais la psychiatre n'était pas certaine. J'étais la première à réagir autant et avec ce type d'effets secondaires au Sertraline (surprise?). Des nausées, des crampes au ventre, on essaie une diète pour aider, des médicaments pour pallier. Encore une fois, je ne peux pas manger ce que je veux, je suis frustrée. Parfois, je me sens comme une victime de mon corps, prisonnière d'un corps qui n'agit pas comme je veux, qui contrôle ma santé mentale.


J'en ai assez de sentir que je perds encore une fois le contrôle sur mon corps et qu'encore une fois je laisse le contrôle entre les mains d'un médecin et d'une spécialiste alors que mon intuition me dit depuis le début que cette médication ne me fait pas physiquement, mais comme mentalement cela fonctionne tellement sur l'anxiété, j'ai décidé de tolérer. Non mais même mon pire ennemi ne voudrait pas tolérer un problème de santé mentale, toute l'énergie que ça te draine mentalement, les symptômes physiques, la médication. Mais pourquoi donc fais-je subir cela à mon corps.


En processus de réduction et d'arrêt de la médication (encore!), j'en ai juste assez de tout cela. Mais quand pourrais-je enfin avoir une vie normale (pour ce que ça veut en dire)?! Je me sens bien en ce moment, vais-je encore tomber dans le panneau de ne pas retourner sur la médication et choisir d'avoir le plein contrôle, le plein pouvoir sur mon corps, sans l'intermédiaire de pilules, de médecins? Je ne suis vraiment pas excitée à l'idée de recommencer tout le processus auquel je viens de passer au travers: sevrage, changement de médication, effets secondaires.


Je suis tout de même reconnaissante pour toute l'aide reçue malgré tout. J'ai beaucoup cheminé dans les derniers mois, j'ai un copain extraordinaire, une supérieure au travail incroyablement compréhensive et à l'écoute. Pour la première fois de ma vie, je ne veux plus me cacher derrière ma santé mentale, je suis qui je suis et les gens devront faire avec ou changer de chemin. J'ai fini de m'excuser d'être moi, avec mes bons et mauvais côtés.


La fougueuse.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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