• La fougueuse

Quand la perfection devient obsession

Mis à jour : mai 16


J'ai décidé de poursuivre aujourd'hui avec la suite promise de mon dernier article. Étrangement, j'ai choisi une journée qui n'était pas ma meilleure, histoire de pouvoir dresser, sur le vif, un portait plus vrai de ma réalité.


Une de ses journées où j'ai dépensé beaucoup trop de bâtons de popsicles sur des inquiétudes pas du tout productives. L'analogie des bâtons de popsicles, c'est une image que ma psychologue utilise souvent, le principe étant simple: chaque personne dispose de cent bâtons dans une journée, représentant une jauge d'énergie maximum, chaque fois que tu fais une activité, une tâche, que tu passes du temps à angoisser sur quelque chose, voilà des bâtons que tu utilises. Au contraire, quand tu prends du temps pour toi (ce qui est absent du vocabulaire commun d'une personne avec un trouble de personnalité obsessionnelle-compulsive, mais cela on y reviendra plus tard) tu cumules des bâtons. Le problème, c'est que quand tu as un TAG (trouble d'anxiété généralisée) qui s'ajoute en plus, oh que tu dépenses de l'énergie dans des inquiétudes non-productives, sur des choses dont tu n'as pas de pouvoir dans le moment, des pensées envahissantes que tu rumines, bref pas mal d'anxiété sur des choses que logiquement tu ne devrais pas y mettre de l'emphase (après avoir décortiqué ta pensée négative, étudié tous les scénarios catastrophes, conclusions hâtives et avoir finalement réussi à écarter l'idée). Attendez, ce n'est pas fini, comme ton énergie passe tellement dans ces choses futiles-là, c'est difficile de se concentrer sur les choses à faire dans ta journée et bientôt vient le sentiment de manque de productivité, l'ennemi numéro un lorsque tu as un TPOC.


Parce que contrairement au TOC (trouble obsessionnel compulsif), quand tu as un TPOC, tu n'as pas de tocs, de compulsions, ou d'obsessions à faire des choses. Le TPOC, lui, c'est vraiment forgé dans ta personnalité, dans ta façon de mettre une emphase et une minutie exagérées sur des détails souvent tellement inutiles ou futiles. Ouf que tes standards personnels sont élevés, ouf que tout doit se faire à la perfection, à ta façon, comme tu le penses, vite vite faut que ça se fasse, faut que tu produises le plus possible, le mieux possible, le plus rapidement possible et bien sûr en t'assurant que les autres aient la meilleure image possible de toi-même.


Les autres autour, ça c'est pas évident. Tu veux tout contrôler, ils doivent être à la hauteur de tes hautes attentes, tu attends d'eux qu'il soit toi finalement. Dans ton travail, ouf que tu as de la difficulté quand un collègue ne se conforme pas aux règles, à la convention collective, à l'éthique. Mais toi par contre, si ton employeur te demande de faire quelque chose qui pour toi est sans valeur ou immorale, ouf que tu veux défier l'autorité. Tu voudrais tellement pouvoir lui faire comprendre à quel point cela ne fait pas de sens. La plupart du temps, pour garder ton image, bien sûr, tu essaies délicatement (de ta perception) de montrer ton point de vue, mais en dedans tu boues, tu es comme un volcan, tu ne peux pas endurer cela. Encore pire, si ton employeur te demande de faire quelque chose à sa façon et que tu penses qu'avec ta façon, ce serait plus rapide et plus productif, là ça te prend de l'énergie pour accomplir la tâche en te battant avec ton toi intérieur qui ne veut que la révolte. Bref, mets tout cela en contexte dans une journée et ouf que c'est épuisant. Ensuite, rajoute une couche avec un TAG par-dessus, là tu fais de l'angoisse par-dessus le marché avec tous les éléments énumérés ci-haut.


Alors, qu'en est-il d'une journée de congé sans responsabilités, structure ou organisation? Eh bien, ça peut facilement tourner au chaos. Il y a plusieurs options à considérer, parfois je fais des listes de choses que j'ai à faire chez moi (tu as deux choix: soit tu paniques de pas avoir été au bout de ta liste, qui est souvent TRÈS longue, à la vitesse que tu voulais ou encore si tu finis ta liste trop tôt dans la journée tu paniques de ne plus avoir rien à faire, parce que, souviens-toi, les loisirs et les activités non-productives ce n'est pas dans notre vocabulaire), soit je consulte mon copain pour planifier une activité, sinon (oh malheur) je tente de prendre du temps pour moi (et là ouf que l'anxiété de non-productivité vient vite).


Maintenant, vous devez vous dire, ouf elle n'est pas reposante cette fille (mon pauvre copain oui), se repose-t-elle donc jamais? Ici est le problème, mon corps se repose effectivement en général (en dehors des inquiétudes tardives qui parfois causent de l'insomnie), mais mon cerveau très rarement, comme en processus de traitement constant de toutes ces pensées obsessives et ces inquiétudes.


Alors l'emphase pour moi en ce moment, c'est vraiment de tenter de m'arrêter, décortiquer mes pensées, (dans des tableaux ou des listes avec lesquels je travaille en thérapie), raisonner logiquement et agir sur des inquiétudes productives, sur lesquels j'ai du pouvoir ici et maintenant. Finalement, l'ultime but: prendre plus de temps pour moi SANS culpabilité. Un pas à la fois, un jour à la fois, en délaissant le contrôle et la productivité.


N'hésitez pas à m'écrire en commentaires si vous avez des questions ou si vous désirez approfondir davantage sur le sujet,


La fougueuse.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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