• France P.

Quand l'aide vient pas, tu doutes!

Mis à jour : sept. 5

On va se dire les vraies choses, être mère quand tu as des cicatrices mentales, c’est de la bouette pure et dure! Être mère quand tu ne peux pas t’occuper de toi-même, car tu es en train d’hyperventiler de peur devant la nouvelle anxiété qui t’envahis, c’est un peu n’importe quoi. Essayer de pas les briser et leur laisser des traces? Je crois que c’est impossible d’avoir des enfants quand on a un diagnostic en santé mentale et de ne pas leur laisser des marques. Espérons maintenant que ces marques fassent en sorte qu'ils deviennent des humains plus compréhensifs que nos prédécesseurs.


Au moment d’écrire ces lignes, je viens de finir ma crise de panique numéro 3 de la journée. Cette fois, au moins, je ne suis pas dans un bureau de TS ou assise dans mon auto. Pourquoi je panique? Mon fils. J’ai appris un peu plus tôt qu’il est inscrit pour une évaluation en TSA (Troubles du spectre de l’autisme) depuis avril 2018. Nous sommes en septembre 2019 et toujours rien. 1 an et demi que ma femme et moi sommes à bout de souffle pour trouver des idées sur comment l’aider. En prime, nous SAVONS qu’il a un TDAH qui requiert une médication, mais je ne peux pas la commencer, car ça pourrait changer le diagnostic de l’évaluation. Donc, mon 6 ans doit vivre avec une énergie qui le fait courir en plein milieu de la classe pour rien et je ne peux pas l’aider.


Je suis quand même pleine de ressources pour le TDAH (quand tu l'as, tu sais quoi faire… me semble) et on lui a créé un sac bougeotte. À l’intérieur se trouve : Un cahier à dessiner, des crayons qui sentent bon, un casque anti-bruit, un cube pour bouger ces doigts (un fidget cube), des balles anti-stress, une manette de jeux vidéo en plastique mou pour pitonner comme bon lui semble. Je mets la boite à jour le plus souvent que je le peux. J’en profite aussi pour me faire une réserve dans mon coin… pour moi. Quoi? Faut bien que je m’amuse aussi. Non?

Une des rares fois ou il est tranquille

Puis, vient la fatigue de toujours chercher des idées pour l’aider. En public, notre fils passe pour un sauvage qui ne peut pas s’asseoir ou qui crie tout le temps. En privée, c’est un bonhomme câlin qui ne veut juste qu’être rassuré. Mais c’est ça mon problème, mon cœur. Maman, ben elle sait pas comment faire. Maman a autant peur que toi. Maman ne sait pas comment t’enlever ta peur, car elle a une peur monstre de ne pas être à la hauteur. Maman pleure le soir quand tu dors car, mon cœur, j’ai peur qu’un jour je ne pourrai plus t’aider, car les nuages dans ma tête auront pris trop de place. Un jour, mon petit homme, maman vas y arriver.


Comment on fait pour élever des enfants quand on est brisé? Comment on peut faire d’eux des êtres merveilleux quand tout ce qu’on veut c’est se cacher devant la peur qui nous envahit? Comment je peux en faire des personnes équilibrées quand je suis brisée de partout en dedans? Comment je peux éviter de laisser des cicatrices dans leur cœur et leurs têtes quand la mienne, ma tête, est un champ de mines couvert de cicatrices, de cratères, d’obus et de gouffres profond? Comment je peux me réparer sans les écorcher au passage? Comment, s’il vous plait, dites-le-moi? Comment je peux bien continuer d’être ici sans les mettre dans mon panier et les rendre comme moi.


Je ne sais pas. Je crois que je vais tout simplement continuer de faire de mon mieux et d’être la maman qu’ils aiment. Je vais être la meilleure maman que je le peux pour eux. Ils méritent mieux que moi, mais bon, ils m’ont choisi alors je ne dois pas être si pire que ça.


Miss F.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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