• Julie

Prends 2 Tylenol, ça va passer...

Mis à jour : juil. 22

Toutes les personnes importantes dans ma vie ont toutes été fortes et dures avec elles-mêmes et souvent avec les autres. Elles ont moulé qui je suis aujourd'hui.


Le jour où j'ai eu mes premières menstruations, la mère de ma meilleure amie m'a fait un kit cadeau dans un sac rouge et m'a félicitée, presque célébrée. Quand j'ai souligné à ma mère le geste, en le comparant à son silence, elle m'a répondu : "Je ne sais pas vraiment quoi te dire, moi ma mère m'a dit, prends 2 Tylenol, ça va passer.".

À l'âge de 20 ans, alors que j'en étais à ma 3e bronchite en ligne qui était maintenant une pneumonie, la mère de mon conjoint, chez qui j'habitais, m'a dit : "Prends des Tylenol aux 4 heures, ça va passer.".



En 2013, mon père avait 78 ans et travaillait toujours de 5 à 6 jours par semaines, 10 heures par jours. Il a fait un arrêt cardiaque (son 2e), a été hospitalisé en février et a reçu un congé "spécial de 2 jours" pour Pâques. Il est allé travailler.

En 2018, j'ai subi une ligature des trompes. Une opération d'un jour qui a mal tourné. J'ai dû subir 2 autres chirurgies et être hospitalisée pendant 2 semaines. Aujourd'hui, je vis avec des séquelles et je dois voir une psychologue pour me sortir de ce traumatisme. Moulée par cette force et de cette endurance de ceux qui m'ont entourée toute ma vie, j'ai douté de la mienne.

Une de mes premières pensées a été : et si je n'avais pas eu si mal que ça? Quand je pleurais de douleur en me berçant dans mon lit d'hôpital, auprès de mon conjoint avec qui je suis depuis plus de 20 ans, en suppliant les infirmières de m'enlever ma douleur, je me demande si ce n'était pas si pire que ça...


Je fais lire ce texte à mon amie France qui me répond : "ne doute jamais de ton mal". C'est ce que j'avais besoin d'entendre. Je doute, je doute parce que je suis plus tough que ça. Je doute parce qu'on m'a dit que je devrais être correcte et je ne l'étais pas. Je doute parce que je demandais une médication et on me disait qu'on pouvait me donner seulement du Tylenol, encore une fois...


Mon cheminement se fait peu à peu. C'est difficile de ne plus douter de moi-même. Je sais par contre que je suis forte et que mon instinct ne m'a pas fait faux bon, jamais.


Julie.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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