• Miss B.

Parce qu'après ton agression, j'ai continué à vivre.

Mis à jour : sept. 4

À toi, mon agresseur. Membre de ma famille, personne de confiance, qui me gardait. J'avais 6 ans, hé oui... Seulement 6 ans. J'étais une gamine, une enfant. Ce soir-là, j'ai été brisée. J'ai eu peur. À 6 ans je trouvais ça étrange que tu me fasses des massages des fesses... Je trouvais ça encore plus bizarre que tu me montres tes parties génitales, que tu me les fasses toucher, que tu me demandes de lui donner des "bisous". Encore aujourd'hui, 29 ans plus tard, je peux te dire exactement où j'étais. Les images sont aussi limpides après tout ce temps.




Par ce texte, je veux sensibiliser les gens au fait de dénoncer. Pour ma part, puisque chez moi, mes parents étaient très ouverts et que nous étions sensibilisés à le dire si quelqu'un faisait quelque chose qui semblait anormal ou que papa ou maman ne feraient pas, je leur en ai parlé. Je l'ai probablement oublié pendant un temps... À l'âge de 16 ans j'ai commencé à fréquenter des garçons et bien évidemment les relations sexuelles se sont présentées. OUF... Première fois, si on peut dire première fois, allo les flashbacks... Pauvre gars... Je l'ai poussé et je me suis mise à hurler. Comment expliquer le malaise ressenti... J'ai eu la bonne idée d'en parler à ma mère qui m'a confirmée que je leur avais dit et que la personne en question avait été suivi. J'ai eu plusieurs thérapies et j'ai fini par passer par dessus, même s'il me reste des "séquelles" de cette agression... Il y a des choses qui me bloquent et je dois me respecter, comme dit la sexologue.


Depuis quand je me sens mieux ? Depuis que je lui ai écrit. J'avais à ce moment 25 ans je crois. Je lui ai dit tout ce que j'avais sur le coeur et je lui ai dit que je ne lui pardonnerais pas, mais que je passerais par dessus. Je l'ai laissé s'exprimer et j'ai compris à ce moment que le petit garçon de 12 ans je crois, explorait sa sexualité et qu'il ne comprenait pas à ce moment l'impact de ses gestes. Aujourd'hui il a des enfants, 2 filles. Il vit avec la peur qu'elles vivent la même chose... Étonnant non ?


Je vous encourage donc à dénoncer, à en parler. Dans mon cas, c'était des attouchements mais rien de plus, fort heureusement. Mais les séquelles restent. Donc dénoncez, parlez, à une amie, un psy... N'hésitez pas à consulter. Et si vous vivez avec des séquelles, respectez-vous. La personne qui partagera votre vie et qui vous aimera vraiment, vous respectera tout autant... Si c'est la bonne!


Surtout, permettez-vous d'être heureux ou heureuse! Ne vous sentez pas mal ou sale... Ce n'est pas de VOTRE faute, et ça ne définit pas qui vous êtes. Je vous envoie plein d'amour et de compréhension.


Miss B.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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