• France P.

Panique! Mes hallucinations empirent!

Aujourd'hui, je panique. Je panique, car je devrais avertir mon médecin d'un changement au niveau de ma santé mentale. Mais je sais très bien que si je dis la vérité, je suis bonne pour l'internat immédiat! J'ai donc peur de l'appeler et de lui dire que j'ai commencé à sentir des insectes se promener sur moi et que ça m'arrive de plus en plus souvent. C'est comme si des toutes petites fourmis me parcouraient le corps en entier. Et bien évidemment, c'est pire les journées où je vais moins bien. Ça me pique, ça me gratte, ça me chatouille.


C'est vraiment dérangeant, cet impression d'avoir constamment quelque chose qui grouille sur nous. Ce feeling, je le ressens partout. Mais assurément, c'est pire quand je me retrouve dehors, là où les insectes sont techniquement plus nombreux qu'à l'intérieur.


Cependant, jusqu'à maintenant, je gère. En fait, je le cache. Pourtant, mon médecin de famille est super chouette. Elle travaille toujours dans mon intérêt et cherche toujours les meilleures solutions afin que je me sente bien et que je sois en pleine possession de mes moyens. Mais sur ce coup-ci, je me sens terrorisée. Je camoufle tous mes symptômes, et ce, à tout le monde, dans le seul et unique but d'éviter d'aboutir à l'hôpital.


J'ai peur d'être hospitalisée. J'ai peur de mes hallucinations. J'ai peur de moi. La sensation de fourmis sur mes jambes, c'est la nouveauté. Mais ce n'est pas d'hier que mes hallucinations ont commencé à reprendre du poil de la bête. J'entends aussi de plus en plus des voix qui s'adressent à moi alors que je me retrouve seule.



Et pour palier à tout ça et éviter d'alarmer tout le monde, je suis en train de m'enfermer petit à petit dans ma bulle. Et je culpabilise. Je me dis que tout ce qui m'arrive actuellement est de ma faute puisque j'ai choisi d'avoir une vie «particulière». Ce sont mes choix des dernières années qui me rattrapent. Toutes ces nuits à boire plus que de raison, tous ces joints pour m'aider à dormir, toutes ces cigarettes qui ont brûlé mes poumons, bref, toutes ces heures folles afin d'oublier que j'étais malheureuse dans ma vie auront eu raison de moi. J'en paie maintenant fortement le prix à 34 ans. Ma tête me joue des tours, et j'en suis responsable.


Si j'étais intelligente, je ferais un aller simple en psychiatrie afin de me sevrer de toute médication et de tout recommencer à zéro. Je dis ça, car depuis le temps, j'ai perdu le fil au niveau des différentes molécules que j'intègre chaque jour. Je pense que de recommencer à neuf, en essayant de comprendre ce qui se cache derrière mes diagnostics, serait une meilleure solution.


Mais qui a dit que je prenais de bonnes décisions quand vient le temps de gérer ma propre santé mentale ? Personne! Du moins, surtout pas moi. Je suis bien meilleure pour prendre soin de celle des autres.


Quoi que.. je viens d'écrire ce texte. C'est déjà un début, non?


Bon je retourne à mon café.

Bonne semaine!


France P.

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