• Laurie

Ne jamais comparer ses épreuves

Je me souviens, ado, quand j'ai vécu ma première rupture amoureuse. C'était sur l'heure du dîner, à l'école secondaire. Je me souviens avoir eu de la difficulté à retourner en classe pour le reste de la journée. Je me souviens aussi d'avoir pleuré tout le long du trajet d'autobus. Et puis je me souviens que les adultes autour de moi ont tenté de me remonter le moral tant bien que mal. Malheureusement, je me souviens clairement qu'on m'aie dit : " Hey boy, pleure pas pour ça. C'est peut-être le premier, mais ce ne sera pas le dernier à te briser le cœur!". En d'autres mots, on me disait qu'il me fallait être plus forte que ça, sinon ma vie allait être un long calvaire de larmes continuelles.


Et si ce n'était pas une question de force? Si c'était seulement une question d'expérience?


J'avais 13 ans. C'était la première fois que je vivais ce genre de douleur. Je n'avais aucun comparatif et surtout, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre de moi-même dans les jours qui allaient suivre. J'avais de la peine, mais j'avais aussi un peu peur. À ce jour de ma courte vie d'ado de 13 ans, je n'avais encore rien vécu d'aussi douloureux. Faut dire que j'ai eu une enfance passablement relaxe. Comme plusieurs enfants, j'ai vécu des chicanes de famille, j'ai entendu mes parents se chicaner. Mais je n'avais jamais "perdu" quelqu'un, ni au sens propre, ni au sens imagé du terme. À ce moment-là, c'était donc ma première dure épreuve.


L'adulte en question avait un peu raison. Il furent nombreux à me briser le cœur par la suite. Et bien sûr que, par après, j'ai vécu des drames plus lourds que de perdre son chum des trois dernières semaines! Mais chacun de ces drames étaient MES drames du moment.


La morale de cette histoire, c'est qu'il ne faut jamais laisser les autres diminuer et rabaisser nos épreuves. Certes, il est important de relativiser et de dédramatiser, parfois. Ne me méprenez pas. Ce que je tente de dire, c'est que ce n'est pas parce que votre interlocuteur a vécu "pire" que vous, que ce que vous vivez n'est pas difficile. Et encore là, qu'est-ce que "pire"? En fonction de qui nous sommes, de nos valeurs et de notre personnalité, nous ne vivrons jamais aucun événement de la même façon.


À tous les adultes qui regardent les plus jeunes autour d'eux et qui les voient éprouver de la difficulté avec ce qu'ils considèrent comme des «banalités», rappelez-vous que vous avez déjà eu cet âge-là, et qu'à un moment de votre vie, pour vous aussi ces difficultés étaient votre drame du moment.


Laurie

348 vues

© 2019 par Une Tempête à la fois.

Tout droit réservé

  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon