• É.

Mon rêve

Je n'ai jamais compris les gens mal à l'aise face aux troubles de santé mentale, au suicide ou, tout simplement, aux maux invisibles de notre société. Ils font partie de nous, de notre histoire, de l'ADN de notre humanité et, pourtant, on les rejette et on les fuit comme la peste.


Ce malaise-là, il crée un vide et ce vide est rempli de silence. J’ai pour mon dire que le silence fait partie du problème et que d’en parler, ça pourrait aider tellement de personnes. Ça pourrait permettre de laisser des gens remonter à la surface et de sortir la tête hors de l’eau. De les soulager de l'impression d'être en train de se noyer à l'intérieur d'eux-mêmes.


Malheureusement, il y a toujours cette personne qui va dire de ne pas en parler trop fort car ça pourrait démoraliser les autres. De garder ça en privé, que chacun vit avec son lot de problèmes attitrés. D'autres vont tout simplement dire que si on ne le voit pas et bien, c'est que ça n'existe pas. Un peu comme une autruche qui se met la tête dans le sable.


Je me demande, à quel moment, on a décidé que ça dérangeait lorsqu'une personne ne va pas bien en dedans? Non mais t'sais, en quoi ça change quelque chose si une personne ressent le besoin de pleurer, de crier, de dormir ou même de se couper du reste du monde, car, intérieurement, il y a une bombe à retardement?


À quel point ça ferait du bien, si on arrêtait de dire aux personnes souffrantes de maux qu'on ne voit pas, que le bonheur c'est un choix, qu’elles paniquent pour un rien ou encore, qu'elles ont juste à penser à autres choses? Ça fait juste les remplir d'incertitudes et amplifier ce sentiment de ne pas être à la hauteur.

Je me demande à quel point notre vie en société serait différente si on faisait juste valider la douleur des autres, au lieu de les rabaisser lorsque, selon nous, leur comportement est "anormal". Imaginez à quel point ça serait tellement beau de faire de notre individualité ce qui nous unit?

J'ai pour mon dire qu'accepter que ces maux existent serait déjà un grand pas pour l'humanité.


Et puis c'est un peu ça mon rêve, dans le fond. C'est de pouvoir respirer comme tout le monde. C'est de pouvoir nager à mon rythme sans risquer de me noyer, sans que ces tabous me tiennent la tête vers le fond chaque fois que je vais moins bien.


Mon rêve, c'est qu'on accepte mes périodes difficiles au lieu d'assumer un jugement facile. C'est qu'on en parle, qu'on dise haut et fort que ça existe au lieu laisser ce vide rempli de silence.

Et toi, c'est quoi ton rêve?


-É.

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