• É.

Mon image et moi

Est-ce que ça t'es déjà arrivé, à toi, d'avoir des complexes qui deviennent des obsessions?


De te sentir bien dans ta peau et là, pouf! Tu penses à cette chose précise qui te dérange au point tu annules ta sortie car tu te sens laid.e?

Le nombre de fois je me suis regardée dans le miroir en pleurant. En changeant de vêtement au moins 20 fois le matin, car j'avais l'impression de n'être jolie dans aucun d'entre eux, peu importe que ce soit un coton ouaté bien lousse ou un cropped top et un pantalon taille haute.


Et ce complexe-là, il est présent dans mon esprit depuis aussi loin que je me souvienne. Enfant, adolescente, adulte. Au point j'en ai développé une relation malsaine avec la nourriture vraiment jeune et ça ne m'a jamais réellement quitté. Au contraire, ce complexe et cette relation malsaine a évolué avec moi au cours des années.


Et je me dois d'admettre que depuis le début de cette pandémie, c'est pire.


Parce que tous ces repères, toutes ces petites solutions que je m'étais trouvée avec les années se sont envolés avec les restrictions liées à la COVID-19. Et la perception de mon image corporelle a commencé à se dégrader.


Je tombais souvent en épisode anxieux ou dépressif. Je mangeais énormément mes émotions, même quand je n'avais pas faim et ce, plus qu'avant. J'avais souvent, pour ne pas dire toujours, mal au coeur. Et puis, lorsque je me sentais mal d'avoir autant mangé, je me sous alimentais. Je faisais exprès de me lever très tard pour sauter le déjeuner et le dîner et uniquement manger au souper.


Sauf que lorsque tu as une relation malsaine avec la nourriture, ton énergie et ta condition physique et mentale en sont affectés également. Je n'avais plus d'énergie, j'avais souvent mal à la tête et le pire dans tout ça, c'est que mon estime de moi-même était en chute libre.


Chaque jour, je posais mes pieds sur la balance. Chaque jour, je me regardais dans le miroir en agrippant mon ventre, en essayant de l'aplatir, de le faire disparaitre. Au point où mon copain a dû m'en parler, car il voyait bien qu'il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas. Que je ne prenais plus soin de moi et que trop souvent, l'épicerie coûtait beaucoup plus cher ou qu'on jetait de la nourriture.


Je lui ai tout de suite jeté au visage qu'il ne pouvait pas comprendre. J'étais fâchée qu'il ait vu mon mal-être. Pourtant, il voulait seulement me tendre une main pour que je ne me sente pas seule.


Aujourd'hui, ça fait un peu plus d'un an que cette pandémie a changé nos vies. Et ça fait seulement quelques semaines que j'ai commencé à reprendre le dessus sur mon image, mon alimentation et moi.


En cherchant sur internet plus d'informations sur le trouble de l'image corporelle et les troubles alimentaires, j'ai bien compris qu'on n'en parlait pas assez. Autant dans les écoles, que sur les réseaux sociaux et à la télévision. On ne donne pas d'outils pour ces troubles qui, pourtant, sont de plus en plus présents avec la présence accrue des médias sociaux.


Donc à tous ceux et celles qui font face ou qui ont fait face à un de ces troubles. Parlez-en et parlez fort.


Et surtout, donne-toi une bonne dose d'amour.


- É.

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