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Mon année 2019 - troisième partie

Mis à jour : sept. 4

Le mois d'août a été une délivrance. Commencer un nouveau mois était signe de tourner la page sur tout ce qui était arrivé en juillet. J'ai recommencé le travail, je reprennais une routine. L'adaptation à ma nouvelle réalité (le transport en commun, la physiothérapie, la douleur constante et la fatigue) n'était pas facile. Je passais trois heures dans le transport en commun. J'avais perdu la force dans mes bras. La mobilité de mon cou était considérablement réduite.


Mon travail a plus ou moins été conciliant quant à mon état. J'ai eu de l'aide pour lever des boîtes pendant les deux premières semaines. Ensuite, je devais me débrouiller seule. Les rénovations de la bibliothèque n'était pas finies, et une des gestionnaires m'a rentré dedans pour que je prenne les bonnes décisions rapidement. J'ai craqué. J'ai pleuré en lui disant que mon amie était morte, que j'avais mal partout, que j'étais toujours épuisée.


Après cet épisode, j'ai consulté brièvement une psychologue et j'ai appris à mieux gérer ma nouvelle situation.


Les mois suivants se sont écoulés rapidement et plus doucement. J'ai pris du mieux, je me suis habituée à mon nouveau rythme de vie, j'ai renforcé certaines amitiés et les liens avec ma famille.


En novembre, ma mère s'est mariée et elle a déménagé au Nouveau-Brunswick. Son départ m'a donné l'impression d'être laissée à moi-même. De ne pas être capable d'aller la voir aussi facilement me faisait peur. Et si quelque chose de terrible arrivait et que je ne pouvais pas aller la voir? Pour briser cette impression de distance, on a commencé à se parler en vidéo conférence. On a continué à se texter plusieurs fois par jour. Malgré la distance, ma mère a continué d'être présente pour moi. Elle est encore un support important dans ma vie.


J'ai eu la chance de gagné la confiance de plusieurs élèves, dont un qui a assez confiance en moi pour se confier. Être à l'écoute de cet élève et l'aider dans son parcours est très gratifiant. J'apprends à ne pas vouloir le sauver à tout prix, mais d'être toujours présente pour l'écouter et l'aider à trouver des pistes de solution.


Vers la fin de l'année, j'ai fait mon coming out auprès de certaines amies et de mon copain. J'ai mis les mots sur le malaise que je ressentais envers mon genre assignée à la naissance. Je suis non-binaire. Je me sens mieux avec mon corps en le considérant comme un corps pas complètement femme, ni complètement homme. Je me sens mieux dans l'entre-deux. L'acceptation et le support de mon copain et de mes amies m'ont réchauffé le coeur.


2019 a mal commencé, mais a fini sur une note positive.





P.



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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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