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Mon année 2019 - le décès de mon amie

Mis à jour : sept. 4

Le mois de juillet a été le pire mois de l'année. J'ai déménagé le 1er juillet dans mon premier appartement. Je n'aimais pas particulièrement le quartier au départ et ça me faisait peur de ne plus être avec ma mère. J'étais terrifiée que mon couple ne passe pas au travers la cohabitation, j'allais bientôt tomber en vacance sans solde pendant un mois et il nous restait toute sorte de dépenses à faire.


Le 13 juillet, mon amie est décédée. En soirée, lorsqu'elle écoutait la télévision, elle a eu une embollie pulmonaire. Sa mère l'a retrouvée sans vie. On a su, une semaine ou deux plus tard, que son embollie pulmonaire a été causé par une flébite non détectée. Là où la pilule a eu du mal à passer est qu'elle était allée voir son médecin, quelques mois auparavant, avec les symptômes claires d'une flébite et que ce dernier lui a juste répondu de perdre du poids.





On partageait le même groupe d'amies, celui avec lequel je m'étais brouillée. Le lendemain de la nouvelle du décès de notre amie, on s'est réuni pour se faire tatouer un lapin en son honneur. On a passé 6h au salon de tatouage, à se coller, à pleurer et à parler, en attendant qu'on finisse toutes de se faire tatouer.


La semaine qui a suivi est encore floue pour moi. Je passais le plus clair de mon temps à regarder le plafond ou les murs, en me répétant sans cesse que mon amie était décédée et que je n'avais rien pu faire. Parfois, je tombais endormie. Je passais mon temps à être en colère que la vie l'aie pris elle, et pas quelqu'un d'autre. Puis, la veille de ses funérailles, exactement une semaine après son décès, j'ai « crashé » mon auto.



Cette journée-là, j'étais encore en colère contre la vie, et en faisant la cage de mes cochons d'Inde, j'ai constaté qu'il ne me restait plus de littière. Encore plus en colère, j'ai pris ma voiture pour me rendre à l'animalerie. J'étais dans la lune, j'essayais de me calmer, je pensais aux funérailles, et je n'ai jamais vu le feu rouge. Quand j'ai vu la voiture qui fonçait droit sur moi, j'ai pensé « Oh fuck » et « Pas encore! ».




Il y a eu le choc, les coussins gonflables, la douleur, et les brûlures, tout ça, en quelques secondes. Je me souviens que j'ai hurlé, incapable de lâcher le volant ou de faire quoique ce soit. Puis, quelqu'un a ouvert la porte, et j'ai sorti de la voiture. Quand j'ai vu l'autre conducteur, j'ai seulement pu lui dire que je m'excusais, que j'étais tellement désolée, et que mon amie était morte. Les ambulanciers et les policiers sont arrivés quelques minutes plus tard, mon copain aussi. À l'hôpital, j'ai passé toutes sortes de tests. Je m'en suis sortie avec quelques echymoses, des coupures, une entorse cervicale et dorsale, et de la douleur dans chaque partie de mon corps.


Malgré mon corps accidenté, le lendemain, je suis allée aux funérailles de mon amie. Ça été l'épreuve la plus horrible que j'ai connu. Les photos, les souvenirs, les textes dédiés à son départ, son diplôme honorifique du cégep, son urne. Lors de la cérémonie, Dancing Queen a joué ; depuis, le 13 de chaque mois, j'écoute, je chante et je danse sur Dancing Queen.


P.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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