• Audrey

Mon alimentation, mon calvaire

Mis à jour : sept. 5


Lors de mon premier article, j'ai brièvement parler de mes troubles alimentaires. Le plus gros de mon diagnostic, c'est le trouble anxieux et la dépression. Mais en plus de ça, j'ai des troubles alimentaires. Ce qu'on m'a expliqué lors de mon diagnostic, c'est que mon cerveau a décidé que j'allais arrêter de m'alimenter pour faire mal à mon corps, un style d'automutilation. J'ai passé presque deux mois et demi à ne presque pas manger, soit ne pas diner ni souper. Par moment, c'était juste un repas que je sautais, mais au final, dans ma semaine, ça ne fesait pas beaucoup de repas, en bout de la ligne.


Quand je parle que je m'automutilais, c'est parce qu'à force de ne pas manger, je finissais par avoir d'énormes crampes au ventre. On a tout d'abord pensé à une crise d'appendices, des pierres aux reins, des pierres au fois, etc. On a même pensé que c'était mon système immunitaire. J'ai passé trois mois à me rendre à l'urgence pour des tests et me faire dire "il y a rien". Un moment donné, après de nombreuses visites, on m'a dit que c'était dans ma tête. Oui, directement, je me suis fait dire comme ça que mes maux de ventre n'étaient pas des maux physiques. J'étais déjà dans le déni en ce qui concernait mes repas, imaginez-vous à quel point je l'étais pour mes maux de ventre.


C'est donc à ce moment que, psychologiquement, ça dérapé et qu'on m'a finalement diagnostiqué avec des troubles alimentaires. Une fois les antidépresseurs commencés et les ativans pris régulièrement, j'ai recommencé à manger tranquillement, de petites portions, mais au moins tous mes repas. Oui, j'ai recommencé à manger mes trois repas. Mais cela ne voulait pas dire que mon calvaire était fini pour autant, oh non. J'avais déjà perdu assez de poids pour devoir changer une bonne partie de ma garde-robe si je ne voulais pas ressembler à un sac de pomme de terre. Mais il faut bien regarder la réalité en face, j'avais tellement privé mon corps des nutriments nécessaires, je l'avais tellement privé de tout, que j'ai tout repris en double, voir en triple, mon poids. Génial! C'était à recommencer, mais cette fois, pour des vêtements plus grand qui allaient cacher un peu le tout. Pas que j'avais honte de mon corps, mais bien plus parce que je voulais être bien, et parce qu'une partie de moi voulait oublier où je m'étais rendu par douleur psychologique.


Tout ça m'a même restreint dans ma vie quotidienne. Cuisiner pour moi, non merci. À force d'aller consulter, aujourd'hui, j'ai recommencé à cuisiner. De plus, lorsque je me sens plus vulnérable, j'ai mon petit calendrier que je traîne partout avec mes trois stylo de couleurs différentes. Bleu pour le déjeuner, rouge le dîner et mauve le souper. Et à chaque repas que je mange, je fais une barre dans mon calendrier selon le repas que j'ai pris. C'est un truc qui m'a été donné en thérapie pour justement avoir du concret sur mes repas. Lorsqu'il me manque trop de barres dans une semaine plus vulnérable, c'est un cris d'alarme. Un autre travail de tout les jours, mais que, jusqu'à présent, je gère plutôt bien.


Audrey.

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