• Charlotte

Mes scénarios catastrophes


D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu une tendance à imaginer la pire des situations. Un petit événement, une situation conflictuelle ou un désagrément, devenaient rien de moins que la fin du monde.


Jeune, dès que j'avais mal à quelque part, mon esprit s'emballait et imaginait le pire : je vais mourir.

Un conflit avec une amie : ça y est, je n'aurai plus jamais d'amis et plus personne ne va m'aimer.

Un échec scolaire ou personnel : ça y est, je ne réussirai jamais rien de bon dans la vie.


Tout prenait des proportions immenses et en découlait aussi tous les symptômes d'anxiété qui venaient avec ces angoisses et pensées.


Jusqu'à ce que je réalise qu'au final, ce n'était que des scénarios. Des scénarios catastrophes dignes d'un film américain où New York se fait engloutir et qu'il arrive toutes sortes de péripéties improbables (tout le monde a déjà vu ce genre de film, non?). Et bien, il se passait la même chose avec mon esprit, il se sentait englouti par un torrent d'émotions négatives et de peur.


Et c'est exactement ça l'anxiété, c'est la création d'un scénario catastrophe par notre cerveau qui s'emballe et se met donc en alerte pour envoyer des signaux à notre corps de se préparer à combattre. Ces signaux sont tous les symptômes d'anxiété que nous pouvons ressentir.


Ce n'est pas facile de stopper un scénario catastrophe. Il m'arrive encore de m'emballer, surtout face aux situations conflictuelles avec d'autres personnes qui impliquent des émotions négatives (merci hypersensibilité!). Mais j'apprends. J'apprends à reconnaître que mon cerveau s'emballe, j'apprends à relativiser (parce qu'au fond, New York n'est pas réellement en train de se faire engloutir), et j'apprends aussi à désamorcer mes peurs, à les ramener aux faits, plutôt qu'aux émotions qu'elles font remonter en moi.



Est-ce facile ? Non.


J'ai parfois besoin de support objectif de l'extérieur (amis, conjoint, parent qui ne sont pas impliqués émotionnellement par la situation, professionnel de la santé) pour me faire réaliser que je suis dans un scénario catastrophe.

Et parfois, je réussis à désamorcer le scénario en le comparant à pire - qu'est-ce qui est pire dans le monde versus ce que je vis présentement. Pas dans le but de minimiser ce que je vis ou ce que je ressens, mais tout simplement pour ramener la situation à sa réelle gravité.

Et d'autres fois, je me fais des plans d'actions mentaux pour être prête à toute éventualité. En ayant déjà mon plan d'action, ça permet de calmer, un peu, la peur qui m'habite.

Et d'autres fois, j'ai besoin de ces trois outils en même temps pour réussir à me calmer.


Mais au final, l'important est de réaliser que l'anxiété est un scénario catastrophe qu'on se répète en boucle dans notre tête. Un scénario digne d'un film américain, mais qui est rarement la réalité.


Charlotte




*À noter que nous tentons doucement d'intégrer l'écriture inclusive dans tous nos textes. Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à consulter l'Office québécois de la langue française.


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