• France P.

Mes petites voix noires

Mis à jour : sept. 5

« Vous savez Madame F, votre pire ennemi est vous-même. Vous êtes vôtre propre bourreau en même temps d’être la victime »


Il est minuit. J’écoute Queer Eye tranquille dans mon salon et une émission sonne et résonne dans ma tête. Pour ceux qui écoute l’émission sur Netflix, saison 3 épisodes 4. Dans ma tête, j’entends la même chose que cette personne. Dans ma tête, les voix me disent que je suis horrible, que je suis grosse. Les voix me disent parfois de me tuer, car je ne mérite pas l’amour que les gens me donnent. Que je ne mérite pas les compliments, car je suis horrible.


Dans ma tête, le doute est puissant. Le doute est omniprésent. Dans ma tête, on est plusieurs à penser qu’on mérite toutes les tuiles qui nous tombent dessus, car on a dû faire quelque chose d’horrible sans le savoir. Dans ma tête, je suis prisonnière d’une toile d’araignée très collante qui ne me laisse pas partir. Plus le temps passe, plus la toile colle avec ces pensées désagréables, blessantes et même parfois cruelles.


Plus jeune, j’ai été victime d’intimidation. Mon nom de famille a été tournée en ritournelle blessante. En 2eme année, les enfants de ma classe cachaient des insectes dans mes cheveux ou me lançaient tout simplement de la nourriture à la sortie de l’autobus. Puis, vient le secondaire où j’étais la petite grosse trop bruyante, car qu’elle soit positive ou négative, quand t'as un manque d’attention, toute attention est bonne. J’étais la fille qui participait à tous les conseils étudiants et les millions de club. Celle que les autres élèves conseillaient de ne pas approcher alors que je les aidais tous dans leur devoir, leur lecture et autres. J’étais la personne toujours présente et pleine de bons mots pour les autres… quand personne n’en avait pour moi.


Depuis, je suis une auto-critique cruelle. Lorsque je parle de moi, c’est la folle, la trop motivée, la maman, la fatigante qui veux trop aider et participer, la grosse, la pleureuse. Je suis pratiquement incapable de dire du positif sur moi. Je me tape sur la tête et c’est pire, car je le fais avec humour. Je tourne tout en humour… plus souvent noir qu’autre chose. Je cache mes bêtes noirs avec de l’humour… et je me détruis avec cet humour.


Je dois maintenant faire taire mes petites bêtes noires et trouver une façon de m’aimer. Une façon de prendre soin de moi sans me nuire.


Une étape à la fois.


Miss F.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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