• Andréa

Mes dépendances cachées


J'ai été confrontée à beaucoup d'anxiété et diverses maladies mentales. J'ai tellement consulté souvent et je consulte encore aujourd'hui. Ce qui me fait le plus mal est de constater que ça ne va pas aussi bien que je le voudrais.

Je me suis sentie désespérée lorsque ma psychiatre m'a dit qu'elle ne savait plus comment m'aider et qu'elle arrivait au bout de ses compétences. Je me suis sentie désespérée lorsqu'on m'a transférée encore à un nouveau professionnel. Je me suis sentie désespérée lorsqu'on est arrivé à la fin du nombre de rencontres préétablies par le ministre de la santé et que je n'allais pas mieux. Je me suis sentie désespérée quand on a fait un bilan et que je n'avais pas vraiment atteint mes objectifs fixés préalablement.


Dans le réseau de la santé, je me suis sentie comme un cas « test » qu'on se partage entre médecins, et sur lequel on essaie des choses pour savoir si ça marche.

J'ai développé des dépendances, mais je les ai cachées à mes soignants et à mon entourage par peur d'être incomprise. J'avais tellement de problèmes à régler que j'ai mis ça de côté. J'ai nié leur existence.


Lorsque je sentais que je perdais les pédales, je me dirigeais vers l'alcool, la cigarette électronique (vapoteuse) ou les achats en ligne. Avec le temps, je n'arrivais plus à me détacher de la nicotine. J'avais l'impression que c'était la seule chose qui me calmait et, au stade de détresse que j'étais, c'était bien mieux que de poser un geste. Je ne prenais pas soin de mon corps, car je ne savais même pas si j'allais être là le lendemain. Je n'en voyais pas l'utilité.

Mes yeux sont embrouillés par les larmes qui coulent. Je vais au magasin. J'ai besoin de ci, de ça. Oh, ça va me rendre plus heureuse. Bip, bip. La carte ne passe pas. Je constate que ma carte bancaire n'est pas en très bon état...

Et aujourd'hui, j'ai une dépendance.


J'ai assisté dans les dernières semaines à une conférence sur l'anxiété et la dépression. L'animateur disait qu'on a tous des dépendances, seulement à différents degrés. Que ce soit les écrans, le sport, la nicotine ou le magasinage. Dans un sens, il a raison, mais cela ne veut pas dire que ça n'apporte pas de souffrance.


Quelque que soit ta dépendance, elle est valide. Tes émotions sont valides. Tu n'as besoin de personne pour minimiser ce que tu ressens. Ensemble, on va surmonter cet obstacle.


- Andréa



322 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout