• Laurie

Mes 5 à 7...matinaux

Ce matin, je me réveille bien avant que mon alarme ne sonne. Par contre, je n'ai aucune idée de l'heure. Je n'arrive pas à ouvrir mes yeux pour regarder sur mon cellulaire. Je sens que le soleil commence à se lever. À travers mes paupières, je devine sa lumière qui pénètre doucement dans ma chambre. J'entends un de mes parents tirer la chasse d'eau. Probablement mon père puisqu'il se lève affreusement tôt pour le travail. Je voudrais me rendormir, profiter du temps de sommeil qui me reste, mais rien à faire. Si mon corps ne veut rien savoir du début de journée, mon cerveau, lui, est bien en marche. Quelqu'un a allumé la «switch» et moi, je n'arrive pas à trouver l'interrupteur pour l'éteindre.


Et voilà que ça commence! Tous les petits accrocs de ma vie se pointent le bout du nez dans ma tête, jusqu'au plus futile. Et, toujours de l'intérieur, je me mets à paniquer. Je tombe en mode "solution". Je me dois de résoudre tout ce qui ne tourne pas rond dans ma vie. Hier, j'ai oublié de faire une tâche au travail. Une tâche que ma coordo m'avait soigneusement demandé d'accomplir pour elle en son absence. Je suis vraiment nulle. Elle n'osera plus jamais prendre de congé, car elle ne me fera plus jamais confiance. Je suis la pire des employées. Comment je vais lui expliquer mon oubli ?


Puis, rapidement, mon cerveau chasse cette histoire et une nouvelle problématique se présente à moi. Je devais écrire à un ami qui ne va pas si bien que ça ces temps-ci, mais ça m'est complètement sorti de la tête. Et s'il allait vraiment mal ? Si quelque chose de grave lui arrivait? Ce serait sûrement de ma faute. Et je m'en voudrais pour le restant de ma vie. Je suis la pire des amies. Ciel, pourquoi je n'ai pas pensé à lui écrire ?


Parlant d'écrire à quelqu'un, je textote avec un garçon depuis quelques temps. Mais je me sens prise au piège. Je ressens une pression énorme que cette relation aboutisse à quelque chose d'extraordinaire. Et si finalement il ne me plaisait pas tant que ça? Et si je n'étais pas prête à 100%? Est-ce que je suis en train de lui faire de faux espoirs... Je vais lui faire de la peine. Je devrais peut-être tout arrêter tout de suite.


6h30. Mon cadran sonne enfin. Je sors finalement de ce cauchemar, mais ce n'est pas sans effet secondaire. J'ai peur de commencer ma journée. Peur d'affronter tous ces problèmes et de ne pas y arriver. Mais j'ai heureusement cette petite voix à l'intérieur de moi qui me rappelle que je n'en suis pas à mon premier BBQ. Ce n'est pas la première fois que je termine mes nuits en panique. Je sais pertinemment que je n'ai qu'à me lever et sauter dans la douche pour reprendre le contrôle sur mes pensées.


Je me lève donc et fait les quelques pas qui sépare ma chambre de ma salle de bain. J'allume la douche. J'enlève mon pyjama. Je laisse couler le jet d'eau sur mon visage quelques minutes et ça y est, mes idées se replacent. Soudainement, je réalise que mon oubli au travail est totalement anodin. Ça ne remet aucunement en doute mes compétences. Et ma coordo ne m'en tiendra pas rigueur, au contraire. De toute façon, que j'aie fait cette tâche en fin de journée hier ou que je la fasse en arrivant ce matin, les résultats seront les mêmes.


Je comprends aussi que je ne suis pas la seule personne disponible dans l'entourage de mon ami. Il a une famille relativement proche de lui et des ressources pleins les bras. Je vais quand même lui écrire parce que je l'aime beaucoup. Mais je n'ai pas à me mettre le poids de son bonheur sur mes épaules.


Parlant de bonheur, je n'ai jamais rien promis à ce garçon. J'ai le droit de vouloir apprendre à le connaître tranquillement. Je n'ai qu'à être fidèle à moi-même et toujours être honnête et respectueuse. Et surtout, prendre ça au jour le jour. Je ne connais même pas ces intentions. C'est un peu prétentieux que d'assumer qu'il a déjà des sentiments envers moi.


Et je sors de la douche beaucoup plus calme. Mais je suis déjà fatiguée. Ma nuit n'a pas été très reposante, ni énergisante. Mais tout de même, je suis fonctionnelle. Ma vie me semble vraiment moins complexe qu'il y a quelques heures à peine.


Je n'ai, à ce jour, aucune idée de ce qui se passe pendant ces 5 à 7 du matin, ni pourquoi ça m'arrive. Ce n'est pas une crise d'angoisse classique. Je ne manque pas d'air et mon coeur ne bat pas la chamade. Si quelqu'un se trouvait dans ma chambre à ce moment-là, il ne se douterait de rien. Je suis calme, allongée, les yeux fermés et je respire bien. Tout se joue à l'intérieur. Comme quoi les apparences sont souvent trompeuses.


Comme quoi, aussi, nous avons tellement de forces et de ressources à l'intérieur de nous pour s'en sortir rapidement et par nous-mêmes.


Laurie.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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