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Ma première fois

C'est en 2002 qu'a eu lieu ma première fois.


La foudre a choisi mon corps et la tempête s'est abattue dans ma tête.

L'air de rien, je dormais avec ma petite de deux ans après une rude matinée de jeux, de cuisine et de marche. Jusqu'à ce moment le plus terrifiant que j'ai connu en vingt-sept ans de vie.


Que s'est-il passé ? Quoi ? Pourquoi moi?


Je me suis réveillée en sueur incapable de me lever, clouée à mon lit. Aucun membre ne répond. Je me sens enfoncée dans le matelas. L'horreur, au secours!

Un répit, je me lève enfin et téléphone à mon chum ( ex conjoint) à son travail!

Je vais perdre connaissance, tomber, mon coeur fait des bons, ma poitrine se sert si fort que je ne peux plus respirer. En fait, je me sens si mal que je hurle que je vais mourir!


Ma petite est avec moi, calme, malgré tout ce qu'elle doit ressentir. Je m'inquiète pour elle, car je vais mourir d'une crise cardiaque. Pas maintenant! Je suis jeune, ho non ! Les antécédents familiaux haussent le ton. J'ai le souffle si court. Je suis enveloppée prisonnière d'une peur insoutenable, vicieuse et viscérale. Je n'ai aucun contrôle sur mon corps, mes émotions ou même mes pensées. Je suis possédée!


En ambulance de toute urgence. Je sature mal, ma pression est au plafond, on m'oxygène puis me questionne sur mes habitudes de santé et sur mon sommeil. Les échanges de données médicales entre les deux ambulanciers et l'hôpital me font craindre le pire. Je pense à ma fille, à ma mère et à mon chum. Je vais mourir sans les revoir. Oh mon Dieu, non!!!


Enfin, je me retrouve entre bonnes mains au triage. Je passe devant tout le monde. J'ai une infirmière attitrée, un moniteur et je suis en observation. Le calme est revenu... Je suis complètement crevée comme après une longue longue course à pieds. Mes yeux se ferment et on attend le constat, le verdict, des réponses...


Enfin. il entre, me regarde l'air de rien et me lance que tout est "NORMAL". Ce médecin, à la limite, se moque de moi, me sourit et me raconte une histoire folle. Je ne comprends pas ce qu'il me dit ...quoi? Crise de panique!

C'est qui ? C'est quoi ? 

Et bien, je m'emballe qu'il me dit, je m'en fais trop. Pire J'EN FAIS TROP, je pense trop! Bref je suis la reine du TROP. Au top TROP!!

Je suis en épuisement mental!

Je me savait fatiguée de corps, mais MENTALE c'est possible ça? Moi, mentalement épuisée, pis quoi encore? Et ça se guérit? J'irai mieux ? Et vous traitez ça comment ?  C'est courant ? Dites-moi? C'est une MALADIE MENTALE et elle sera avec vous pour le reste de votre vie! Sérieux? Je me gérais bien seule. Là on tombe à deux. Je ne l'ai pas choisie, je ne l'ai pas invitée pis elle va me contrôler, attends un peu....



Si le mot maladie était difficile à prendre y ajouter MENTALE c'est pareil comme d'essayer d'avaler une orange. ÇA NE PASSE PAS!!

Quand tu souffres sur ton corps on le voit, on compatie, sympathise et tu as le droit aux chocolats, aux fleurs, aux mots doux et aux encouragements.


Mais là je n'ai rien qui cloche en apparence. Je suis NORMALE! Mais je ne peux plus dormir seule, ni sortir seule. Je sens les émotions aussi fortement qu'un chien sent le bacon vingt milles à la ronde. J'ai peur d'avoir peur!


On me pose des questions dont je ne possède pas les réponses. On me critique, me juge et me condamne. La raison ? Je n'ai rien ...JE NE SOUFFRE PAS. C'EST DANS MA TÊTE! Tu l'as dit, dans ma tête....

Les jours ont passé, les semaines, les années, un combat tout.... le..... temps!!!! Entre trêves et espoirs je me suis ouverte aux thérapies, aux ateliers et aux conférences. Je continue d'apprendre, je rechute et je gagne à nouveau de petites et grandes victoires sur la maladie.

Elle m'a laissée pour morte au début, mais j'ai vaincu. Elle me réveille encore parfois la nuit et c'est toujours aussi effrayant, mais je suis armée. Je la sens venir et tenter de reprendre ses droits. Elle n'en a aucun et elle n'a plus le contrôle. Je resterai dans le haut du baril, le fond c'est fini. Je ne serai ni son égale, ni son amie. Maladie, sache que je suis plus forte, j'ai appris!

Une difficulté invisible et pourtant envahissante. Doucement, on y arrive chaque jour plus courageux et déterminé.


-Anonyme.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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