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Ma pilule préférée - Texte sur l'addiction

J’ai été diagnostiquée TPL il y a 3 ans. Je me souviens que lorsque j’avais été consultée, j’étais dans un sal état. Incapable de dormir, anxiété dans le tapis, idées noires, etc. Je ne voyais plus la lumière au bout du tunnel. C’est alors que ma psychiatre m’a prescrit des somnifères. Ceux-ci n’étaient pas ce qu’il y a de plus puissant, mais assez pour faire un effet sur moi. Je me souviens très clairement comment je me suis sentie lorsque j’ai avalé ma première pilule: j’étais dans mon lit dans le noir le plus obscure, quand tout à coup, une sensation de bien-être absolue m’a traversée tout le corps. J’étais enfin paisible, enfin je ne pensais plus à aucun de mes soucis.


Au début j’en prenais une moitié avant de me coucher, ensuite une au complet et après j’en voulais toujours plus. J’ai même commencé à en consommer le jour en me levant. Je ne mangeais presque plus, mais j’étais si bien. Enfin c’est ce que je croyais. Peu importe quand et où j’étais, je devais en avoir dans mon estomac. Personne ne s’en est rendue compte à part mon amoureux. Lorsque je lui parlais j’avais de la salive qui sortait, les yeux vides, les mots au ralenti... j’étais une épave sur deux pattes. Moi qui croyais être subtile. C’est alors lui, qui m’a fortement encouragé à en faire part à ma psychiatre.


J’ai été honnête avec elle et avec lui, j’étais rendu à prendre quasiment 10 somnifères par jour. Je renouvelais mes ordonnances d’avance chaque mois, personne ne disait rien, car je n’avais pas de dossier. Lorsque je lui ai dis, elle m’a mise mon ordonnance aux semaines, c’est-à-dire 7 pilules par semaine et ce sans pouvoir en commander plus tôt. J’étais soulagée qu’elle ne m’enlève pas tout au complet, mais je me demandais comment j’allais survivre à présent. C’était rendu trop dangereux pour moi, j’en prenais même en consommant de l’alcool. Un jour, j’étais chez moi et j’organisais une soirée avec deux couples d’amis. Il était à peine 18 heures que j’étais déjà couchée et très très loin dans les nuages. Tous pensaient que c’était simplement l’alcool, mon amoureux lui, était terriblement inquiet.


En gros ma dépendance avait ruiné mon couple, mon esprit, mon indépendance; tout. Ça m’a pris du temps à combattre cette addiction, mais j’ai finalement réussi et depuis je vais mieux. Mes relations sont saines, la vie est plus rose et mon âme me remercie.

L-.

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