• Karine Forgues

Les Sims... partie 1

Mis à jour : sept. 4

Lorsque j'étais une enfant, je jouais très souvent aux Barbie. J'adorais ce jeu qui me procurait des heures de plaisir. Ce que j'aimais le plus dans cette activité, c'était le fait de pouvoir choisir ce que la poupée disait et faisait. Je pouvais carrément lui inventer une vie. Elle était qui je voulais. Croyez-moi, il y en a eu de l'imagination. J'avais ma Barbie préférée au travers de toutes celles que je possédais. La mienne était la plus belle, la plus mince et semblait être la plus fine. Je lui avais donné mon nom.


À cet âge, je refusais de porter des robes malgré l'insistance de ma mère. Pourtant, ma poupée était celle qui était munie de la plus belle robe du lot et qui avait une coiffure parfaite. Étant petite fille, ma compréhension de la vie n'était pas complètement formée. En effet, j'avais une croyance assez naïve. J'étais certaine que c'était les morts qui nous contrôlaient de là-haut. Ils choisissaient nos actions et nos paroles. Quelle belle manière de s'innocenter de toutes responsabilités ! J'étais persuadée que jouer aux Barbie était une pratique pour le futur. Je n'étais pas encore dans la comparaison physique avec les autres filles de mon âge. Je m’appréciais telle que j’étais. J’avais, somme toute, plusieurs ami(e)s et un petit amoureux de cours d’école.


Un peu plus vieille, j'ai délaissé mes poupées pour un jeu vidéo qui a fait son apparition, "les Sims". J'étais rendue à ma prochaine étape pour apprendre à contrôler les gens. C'est à ce moment que j'ai compris ce qu'étaient les besoins de base, c'est-à-dire manger, dormir, avoir une bonne hygiène de vie ainsi que s'amuser. Contrairement aux Barbie, les Sims avaient des besoins virtuels, un peu comme les Tamagotchi. Si tu n'arrivais pas à combler ceux-ci, ils finissaient par mourir. Comme je n'étais pas une tueuse en série, je m'occupais méticuleusement de mes Sims afin de m'assurer qu'ils ne manquaient de rien.


Comme toute adolescente, je me suis mise à me comparer aux autres. J'avais l'impression d'être différente des autres. J'avais des seins et des hanches plus grosses que mes camarades de classe. Le magasinage n'était plus rendu mon activité préférée puisque j'avais l'impression que rien de beau ne m'allait. Pourtant, j'étais loin d'avoir un surplus de poids.


Dans mon jeu, je voulais toujours être le Sims avec le plus d'argent pour acheter tout ce que je voulais, être en couple avec le plus beau Sims et avoir le plus d'amis. Pourtant ce n'était qu'un jeu. C'est à ce moment que le jeu était rendu à double sens. D'un côté, il me donnait des apprentissages sur les besoins de base. Cependant il m'a aussi amené dans les standards de la société, c'est-à-dire la beauté et la richesse.


Je n'étais qu'une ado, alors je n'étais pas consciente du pouvoir que le jeu avait sur moi. Je passais la plupart de mes soirées à prendre soin de ces personnages fictifs au lieu de prendre soin de moi-même. Une certaine jalousie s’est installée en moi à peu près vers l’âge de 16 ans. J'ai donc cessé de jouer, car j'étais rendue jalouse de la vie de mes Sims. Plus je jouais, plus je me rendais compte de ce que je n'avais pas dans ma propre vie : le corps et le chum parfait ainsi que l'argent. J'ai cessé de jouer, non pas parce que je n'aimais plus ce jeu, mais parce que j'étais envieuse de ces personnages virtuels....


10 ans plus tard, je me surprends à télécharger de nouveau cette application sur mon Android... Pour quelle raison?

Karine Forgues

(Le mont intérieur)

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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