• Andréa

Les mauvais matchs



J'ai commencé une thérapie avec une psychologue. Huit mois ont passé, alors que je la rencontrais chaque semaine. Dès sa première approche, elle était chaleureuse et démontrait énormément de compassion. Mon état semblait s'améliorer et je me sentais moins seule dans mes tempêtes.


Puis, bam, du jour au lendemain, elle est partie et je ne l'ai jamais revue. J'ai appris qu'elle avait fait un « burnout » et que la durée était indéterminée.


Elle m'a promis qu'elle reviendrait, mais je n'ai jamais eu de nouvelles de sa part...


Je suis consciente que personne n'est à l'abri d'épuisement professionnel ou quelconques problèmes de santé mentale, mais il faut dire que ce bris de relation soudain m'a affectée. Avant elle, je voyais une travailleuse sociale et elle m'a annoncé qu'elle partait la semaine suivante. Avec mon ancien psychiatre, j'ai eu un préavis de trois semaines.


Je ne sais si j'ai seulement eu de la malchance, mais j'ai développé une nouvelle peur. Ayant déjà une peur intense de l'abandon, j'ai maintenant peur que mes professionnels partent du jour au lendemain, me laissant seule dans un nouveau deuil relationnel.


Je ne dis pas cela pour pointer du doigt une personne, mais je pense qu'on ne parlera jamais assez de l'importance de finir une relation thérapeutique graduellement. Je vis encore les conséquences de ces pertes. De plus, quand quelque chose nous arrive à répétition, on a tendance à se retourner vers soi et croire qu'on est le centre du problème. L'exemple le plus concret que je puisse penser est l'intimidation.


Bien que je sache que certaines choses ne se prévoient pas, j'ose espérer que les professionnels de la santé mentale sont au courant qu'une fin doit être graduelle, d'autant plus auprès de patients souffrant d'un trouble de la personnalité limite.



Lorsque ma première psychologue est partie en congé maladie, quelques mois ont passé. J'ai reçu un appel du CLSC. J'étais surexcitée de savoir qu'on avait trouvé quelqu'un pour poursuivre le suivi.


En peu de temps, mon espoir s'est transformé en déception.


J'ai rapidement constaté que la relation avec mon psychologue allait de travers. J'ai réalisé cela quand j'ai vu que je me sentais plus désespérée et mal après mes rencontres qu'avant.


Je sentais qu'il minimisait mes propos et qu'il n'avait pas envie de travailler. Il me disait que les rencontres étaient l'important, donc qu'il n'était pas disponible pour répondre à mes courriers électroniques ou à mes appels téléphoniques.


Je me suis sentie délaissée.


J'ai décidé de le confronter par rapport à mes inquiétudes. Il m'a répondu que rassurer et susciter l'espoir n'était pas une bonne approche selon lui. Il m'a aussi expliqué que certains psychologues prennent leur job à cœur et y pensent en dehors des heures de bureau, mais que, pour lui, ça s'arrêtait à 5h.


Dernièrement, j'ai décidé de le quitter, car j'avais l'impression de ne pas me sentir importante et, surtout, supportée dans mes défis. J'ai contacté la coordonnatrice qui m'a répondu que c'était lui ou personne. Maintenant, je n'ai plus personne, car je n'ai pas les moyens d'aller au privé.


Mon entourage a essayé de me raisonner en me disant que je ne me sentais pas bien, car il me confrontait à mes difficultés. Certes, c'était faux.


Je veux seulement que tu saches qu'il est normal d'éprouver des sentiments négatifs en thérapie, mais que si ça procure plus de mal que de bien, posez-vous des questions. Des mauvais matchs, ça arrive partout, même avec des professionnels.


Ne me prenez pas mal, personne n'est mauvais: ni l'intervenant ni le patient n'est dans le tord. Dans une relation, il y a deux êtres humains, alors c'est bien possible que ça ne fonctionne pas.


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- Andréa



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