• É.

Les antidépresseurs et moi


C'est en Novembre 2017 que j'ai commencé la prise des antidépresseurs, suite à un entrée d'urgence à l'hôpital et un rendez-vous en psychiatrie externe. Je voulais seulement un moyen de me contenir, de me maintenir en vie tout en me sauvant des nombreuses crises d'angoisse et du stress constant d'exister.


Avec mon horaire surchargé d'étudiante en fin de DEC et employée à temps partiel, le meilleur moyen me semblait de prendre ces petits cachets. Des petites pilules magiques qui devaient venir rebalancer mes hormones et me permettre d'avoir une vie la plus normale possible en attendant de pouvoir aller consulter un psychologue.


Première chose que le psychiatre en externe (appelons-le Dr E.) me dit, c'est que ceux prescrits par le psychiatre de l'hôpital ne sont pas assez forts pour moi.


Non, mais t'sais, pas assez fort. À quel point mon cerveau est brisé?


Il m'expliquait que mon diagnostique était particulier. Il n'y a aucune étude expliquant mon cas, car je n'ai ni un TAG (Trouble de l'anxiété généralisé) ni un trouble dépressif. J'ai un trouble mixte, quelque chose entre les deux, qui s'alimente entre eux et qui me facilite la vie. YAY!


Donc, Dr E. me prescrit un type d'antidépresseur en me disant : On va essayer ça, on se voit dans 4 semaines. Petite parenthèse comme ça : il en existe beaucoup des antidépresseurs et c'est un peu comme la contraception : essai et erreur. Au moins, j'étais habituée au principe.


Au bout de 4 mois, un peu moins, j'avais atteint la dose maximale qui existait pour ces antidépresseurs-là et ça fonctionnait et ce, à un tout autre niveau : je ne ressentais plus rien. Ni joie, ni peine, ni colère. Je n'avais plus aucune libido, aucune motivation scolaire, professionnelle. Je vivais un gros détachement émotionnel et ça me faisait peur, tellement que ça me faisait du bien.


Ça me faisait du bien de ressentir un vide total dans tout mon être. Je me foutais de tout, le stress, les jugements des autres, le regard des autres… mais j'ai aussi fini par me foutre de mon image de moi et de mes relations interpersonnelles. Je ne prenais plus soin de moi, je vivais un trouble alimentaire et mes proches me trouvaient froide, ils n'aimaient pas l'effet de la médication sur moi.


Ça m'a pris du temps avant de réaliser que ce n'était pas fait pour moi. Qu'au lieu de m'aider, ça faisait en sorte que je m'écoutais encore moins et que je me négligeais encore plus.


Ça m'aidait juste à me gérer. J'utilise le terme gérer car ça n'aidait pas à me sentir mieux, mais plutôt à contenir ce qui avait de trop en moi et l'empêcher de déborder.


Après plus de 7 mois sur la médication, j'ai pris la décision de l'arrêter. Je me suis reconnectée avec mon idée de base : ce n'est qu'une aide temporaire. Car au final, cet état de vide là me créait des blessures que je ne ressentais pas encore.


Ce fût le début de mon cheminement vers la guérison.


É.

352 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout