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Le vaginisme

Mis à jour : sept. 4

Le vaginisme se caractérise par la contraction involontaire des muscles du périnée lors d’une tentative de pénétration. Cette contraction rend la pénétration du vagin impossible et occasionne des douleurs. La femme décrit une sensation d’échauffement, de brûlure, d’irritation ou une impression de lésions à l’entrée de son vagin lorsqu’il y a une tentative de pénétration. »1


Maintenant que nous savons tous ce qu'est le vaginisme, j'aimerais parler de mon vagin, ou plus spécifiquement, de comment réagit mon vagin.


L'origine de mon vaginisme est assez clair : l'agression sexuelle que j'ai vécu à 11 ans m'a traumatisée et mon corps a développé ce réflexe pour me protéger. Or, plus tard, lorsque le temps de ma première fois est arrivé, mon vagin n'a pas collaboré. Pendant un moment, je me demandais même si j'avais un vagin. Lors de la deuxième et troisième tentative de pénétration, la douleur était si vive que j'hyper-ventilais et je pleurais. Croyant que j'avais une maladie rare, je suis allée chez le médecin. Cette dernière m'a annoncé que je faisais du vaginisme et m'a fait rencontrer la sexologue de la clinique.


J'ai rencontré la sexologue aux deux semaines pendant six mois, environ. Elle m'a aidée à contrôler mes muscles vaginaux à l'aide de toutes sortes d'exercices qui m'ont permis d'avoir une pénétration.


J'aimerais sincèrement dire qu'ensuite, toutes mes relations sexuelles se sont passées sans douleur et dans le consentement. Malheureusement, ce n'est pas le cas. À 18 ans, j'étais pour la première fois en couple. Je croyais que cet homme me faisait une faveur en étant avec moi, je l'ai laissé faire tout ce qu'il voulait avec moi. C'était une relation HAUTEMENT malsaine. S'il voulait du sexe, il devait en avoir, sinon, j'avais le droit à une crise. Il me faisait sentir tellement mal que je cédais. Alors, malgré mon périnée musclé, j'avais énormément de douleurs. Il ne croyait ni en les préliminaires, ni en les lubrifiants.


Je l'ai laissé la veille de nos 2 ans, un 30 décembre, par texto. Je me suis sentie si libre qu'à tous les soirs, pendant une semaine, je fêtais mon célibat. Ma torture était enfin finie.


J'aurais aimé dire qu'après ma rupture, je n'ai plus jamais fait de vaginisme, mais ça aussi, ça serait un mensonge. La vérité est que la pénétration reste difficile, parfois plus à certains moments. Je fais des exercices de Kegel, j'utilise mon kit de dilatateur pour assouplir mes muscles, j'ai un lubrifiant hydratant pour soulager les micro-déchirures quand il y en a.


Mon copain me dit toujours que je me mets trop de pression, et c'est vrai (allô, oui, tu as raison! Je me mets clairement trop de pression, mais je n'oserai pas te l'avouer de vive voix). Malgré les années qui ont passé, ma tête est encore coincée dans ces années où j'étais un objet sexuel pour quelqu'un. Je crois que mon corps doit fonctionner d'une certaine façon et que, si je ne suis pas « capable » de donner de sexe, on m'abandonnera. Je dois apprendre à m'accepter et à me respecter. Quand je n'accorderai plus autant d'importance à l'idée de satisfaire l'autre comme si c'était de mon ressort, quand je n'aurais plus l'impression que mon corps est un objet pour les autres, le vaginisme me causera moins de problèmes.


P.


1. https://sexologues.ca/vaginisme/

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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