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Le jour où je suis «tombée» en dépression

Ma vie a complètement basculé v'là 2 1/2 ans, et depuis, je me remets graduellement d'une dépression sévère. Cette chose, cette dépression, je l'ai entendue arriver. La journée où j'ai sombré, y'a quelque chose en moi qui s'est brisée littéralement. J'en suis tombée à genoux et j'ai eu énormément de difficulté à me relever. Ce n'était pas beau à voir mettons. Pour faire une histoire courte; mon mari est parti après 28 ans de relation, mes enfants, rendus adultes, ont quitté la maison dans la même année, mon chien est mort, mes grands-parents m'ont quittée, je n'avais plus de plancher dans ma maison, plus de cuisine fonctionnelle non plus (rénos majeures commencées avant la séparation). Bref, je me suis retrouvée totalement seule, avec une demande de divorce très rapide (2 semaines après que le mari ait quitté, avec adultère comme raison pour pouvoir divorcer au plus vite), une business à continuer (j'ai une entreprise avec mon ex-mari depuis 22 ans) et une maison complètement démolie à reconstruire.


La dépression n'est pas arrivée tout de suite. Ça a pris un gros 6 mois après le big bang. Bien sûr, au départ, j'ai vécu énormément de peine, de ressentiment et d'incompréhension. J'ai passé par toute la gamme des émotions. Être triste n'est pas être dépressive, loin de là. C'est un sentiment très désagréable, j'en suis consciente, mais la dépression est autre chose.


Sans entrer dans les détails, la journée que je me suis effondrée à terre (pas juste littéralement, mais réellement) quelque chose en moi s'est brisée. J'aurais aimé disparaitre tout simplement tellement la douleur fut si vive! Pas physiquement, c'était, comment dire ... globalement. Toute ma personne est devenue un abime de douleur, insupportable, drainant, comme si on me volait mon âme, mon être. Je suis devenue une autre personne, et cette personne aurait voulu mourir. Pour moi, ce fut une surprise en fait. Avant cette journée, oui, j'étais triste, toute ma vie avait foutu le camp quelques mois plus tôt, mais je fonctionnais pareil. Sur le radar et l'automatique, mais je fonctionnais...après m'être effondrée, je ne fonctionnais plus. J'étais peut-être dépressive avant, j'avais peut-être une prédisposition à ça, je n'en ai aucune idée! Ce que je sais, c'est qu'à partir de cette journée, tout ce que je croyais connaitre, tout ce que je pensais possible de faire pour s'aider soi-même, etc...tout ça, c'est parti en fumée tout simplement.



J'ai été des mois à ne pas être capable de me lever le matin ou trop lâche pour aller me laver le soir. Je dormais 18h sur 24h et les heures où j'étais debout, je mangeais (j'ai pris 40 lb en 2 ans). J'ai été en arrêt de travail, mais impossible pour moi d'arrêter complètement (je te rappelle que j'ai une compagnie avec mon ex-mari) donc crise d'angoisse hallucinante en allant au bureau, aller me cacher dans les toilettes pour brailler ma vie, le cacher au médecin qui me suivait, annuler mes rendez-vous pour ne pas admettre que j'étais incapable de faire l'arrêt de travail au complet, ne pas vouloir parler à personne, ni voir personne, aucune concentration, erreur par dessus erreur. Ce fut l'enfer !


Ce qui m'a sauvée, ce sont mes enfants et petits-enfants et le Covid! Grâce au Covid, je n'ai pas eu le choix de prendre un break de 6 semaines de travail; on a fermé la shop sur ordre du gouvernement. Par la suite, je me suis installée pour le travail à la maison et depuis ce temps, graduellement, je remonte la pente.


Moi qui croyais que je remonterais facilement la pente en faisant le deuil de mon mariage/famille et en prenant mes distances ... eh cibole non! La dépression, un coup installé, elle tient à toi la maudite!! Je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas plus de «pogne» sur elle. Je lui parle pourtant. Je lui dis de me laisser travailler, de me laisser me lever le matin. Je lui dis de me laisser tranquille. J'aimerais qu'elle laisse ma capacité de concentration tranquille, qu'elle me laisse profiter du beau temps...


J'ai eu la chance de rencontrer un homme merveilleux durant ce temps, le seul que j'ai rencontré depuis ma séparation. Un ange dans ma vie qui me soutient à 110%, qui respecte quand je n'ai aucunement envie de bouger où de me lever, qui ne pose pas 75 mille questions gossantes, qui reste juste à mes côtés, qui me serre dans ses bras sans parler quand j'ai un énorme nuage noir au-dessus de ma tête. C'est tellement important d'avoir quelqu'un à ses cotés qui a de la force pour 2! Quelqu'un qui voit au-delà de la dépression, parce qu'en arrière d'elle, il y a un humain qui aime la vie, qui veut vivre! La dépression ne nous définit pas. Tout comme quand on se casse une jambe, ça ne fait pas de nous un unijambiste! Il faut juste prendre le temps de guérir.

Anonyme.

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