• La fougueuse

Le grand dérangement: Partie 2


Ça va sonner poche comme citation, mais crime que «plus ça change, plus c'est pareil ». Dans tout ce grand dérangement que je vis en ce moment, malgré tout, je m'attendais vraiment (un peu naïvement je l'avoue) à ce que cette fois-ci les choses soient différentes. Soyons honnêtes, malgré la thérapie et tout, un gros stress, gros déménagement, c'est clair que j'allais avoir le réflexe de revenir dans mes vieux « patterns ». Tsé quand la psy te parle des signes de rechutes et que tu fais semblant d'écouter parce que « ça va pas arriver anyway, pas besoin de ça moi une liste de moyens et etc».


Ben oui, je me bats contre une rechute en ce moment. À part mon chum qui a vu ça venir, pas moi, même l'écrire ici me fait drôle. Mais en même temps, revenir dans un vieil environnement, avec des gens autour de toi qui au fond n'ont pas vraiment changé leur façon d'être (ben oui tu t'attendais à quoi chère, pendant que toi tu faisais des changements en thérapie, d'autres sont restés à la même place), fallait pas s'attendre à un résultat différent.


La lune de miel est finie, les vieux « patterns » de l'entourage sont revenus aussi. Pendant ce temps, je tente de me garder le tête hors de l'eau et de rester sur la bonne lignée, celle que j'ai passée plus d'un an à forger. C'est pas facile et naïvement je pense que je m'attendais à ce que ce soit plus facile. Est-ce que vraiment mon entourage allait soudainement se montrer super compatissant envers ma situation et miraculeusement devenir super ouvert à parler et comprendre la santé mentale? Ben la réponse est non! Personne n'a changé pour moi, le monde a continué à tourner pendant mon absence ici et c'est sûrement mieux comme ça parce qu'on doit changer pour soit et non pas pour les autres. Ce que je trouve difficile par contre, c'est de voir l'écart qui s'est creusé avec certaines personnes. Voir du pays, ça ouvre les horizons sur d'autres choses, d'autres cultures, valeurs et revenir à bon port fait aussi réaliser que finalement certaines personnes avec qui je gardais contact à distance, peut-être qu'on est ailleurs, sur des routes différentes. Je ne prétends pas être mieux que les autres, au contraire, mais je pense que plusieurs expériences des dernières années m'ont fait évoluer ailleurs, dans une autre direction et que parfois c'est correct aussi de prendre des chemins différents avec certaines personnes.


Ce que je réalise par contre, c'est qu'en revenant chez soi, oui les vieilles pantoufles confortables, mais plusieurs choses qu'aujourd'hui je ne tolère plus, que maintenant je ne veux plus. C'est le défi que je tente de surmonter en ce moment: mettre des limites sur des gestes, des jugements, des paroles que je tolérais avant et dont je trouve important aujourd'hui de dire que ça me déplaît. J'ai toujours tout enduré sans rien dire, en faisant semblant que tout était beau, en me modelant à celle que les autres voulaient que je sois, à l'image qu'ils avaient de moi. Faire semblant, c'est ça que je veux arrêter de faire en revenant ici. Je suis encore en train de trouver comment amalgamer la MOI d'avant avec la MOI améliorée si on peut dire, la version 2.0 de moi-même. Je pense que pour moi et mon entourage, c'est pas mal l'ajustement qui se fait en ce moment, pour moi aussi je pense.


Apprendre à dire NON, un travail de longue haleine, mais qui fait du bien pour soi et pour les autres aussi parfois ;)


La fougueuse.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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