• Lily

Le complexe des poils

Mis à jour : juil. 22

Ça m’est arrivée encore hier, comme ça m’arrive plusieurs fois par semaine. Soit je passe devant le miroir et les vois, soit je les sens en me touchant ou avec de la friction des vêtements. Les satanés poils qui me cause de la dysphorie instantanée et pas juste un peu. Les poils, c’est un des éléments qui génère le plus de dysphorie chez moi. Vous me direz peut-être « Oui mais Lily, il y en a plein des femmes qui ont un degré ou un autre de poils quelque part sur leurs corps ». Et vous avez totalement raison. Mais pour moi, le poil, c’est un douloureux rappel d’une personne que je ne suis pas, que mon corps n’est pas totalement le mien.


Alors, faute d’avoir des moyens financiers suffisants pour le laser, je me rase le visage à tous les 2 jours, parfois deux jours de suite, et je me rase le corps minimum une fois par semaine. Il y a même eu un moment où j’avais commencé à m’épiler les poils des bras à la pince (excellent pour contrôler mon anxiété, comparativement à me ronger les ongles!). J’ai déjà essayé de laisser suffisamment de temps passer pour pouvoir m’épiler à la cire, mais dès que le poil commence à se montrer le bout du nez, c’est la panique totale. Je dois les faire disparaître au plus vite.


Éventuellement, j’investirai dans l’épilation au laser. Entre temps, je dois apprendre à vivre avec cet élément dysphorique du mieux que je peux. C’est banal pour la plupart des gens, mais chez moi, c’est catastrophique l’impact émotionnel que ça crée. Stress, anxiété, tristesse, colère et j’en passe. Stress à savoir combien de temps avant que ça repousse. Anxiété de sortir et me demander s’il y a des poils visibles que des gens pourraient voir, et ainsi remettre en question mon identité de genre. Tristesse de vivre toutes ces émotions et de pas simplement pouvoir juste être moi sans me soucier de tout ça. Colère envers la vie de m’avoir donnée ce corps à la naissance.


C’est une chose avec laquelle je dois vivre au quotidien. C’est ça, la dysphorie. Heureusement, le traitement hormonal a réduit la vitesse à laquelle les poils font leur apparition. Au tout début, c’était une chose presque quotidienne. Ma peau n’appréciait guère d’avoir des lames se frotter sur elle aussi souvent. Un jour…je serai moi, sans me soucier de tout ça.


Lily.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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